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Le p'tit blanc sans col
Chroniques bachiques d'un ligérien en terre ch'ti !

Dimanche 01 Avril 2012

Vendredi du Vin #44 : régalades et rigolades en Val de Loire

Au Bout du Monde, j'ai rencontré Adonis...

En goguette en Touraine, je décidai d'emmener la future Madame Leblanc au Bout du Monde.
"Chic !" s'exclama-t-elle. "Fais-moi rêver, chouchou !".

Le temps était pour nous, c'était une de ses magnifiques journées d'hiver, à la lumière d'or sur le Val de Loire. Je passai la cinquième, la clio grise zigzaguant sur cette jolie petite route de campagne reliant Savonnières à Berthenay. Regards complices d'amoureux en vacances, nous étions les plus beaux, nous étions heureux. 

Bref, nous avions faim.

Crissement de pneus, frein à main. Nous y sommes.
A côté de l'église de Berthenay se trouve le Bout du Monde, le bien-nommé.
Formidable lieu d'hédonisme ligérien.
 Bar-restaurant-épicerie pour épicuriens.
 


Sacrée gageure d'avoir créé ce lieu, à l'écart des grands axes touristiques...
Aucune chance que vous passiez devant par hasard !

A l'intérieur, une décoration sobre et soignée, de belles tables en ardoise et en fer forgé. 
On nous place à côté d'une fenêtre, à côté d'un radiateur. Une bouteille de Rayas blanc 2001 trône fièrement sur un meuble voisin. Madame aime. Moi aussi.

En été, ça doit être sympa de profiter de la terrasse à proximité de la Loire.



Cuisine gastronomique française avec de fortes touches asiatiques.
Carte des vins proprement hallucinante : tout ce que le caviste que je suis rêverait de vendre...
Le maître des lieux vient prendre notre commande, je lui dis tout le bien que je pense de sa carte des vins : "c'est votre expert-comptable qui doit être content avec un stock pareil !"... ;-)
"hola, ne m'en parlez pas !..."
Sourires complices.

"Comme vous êtes du métier, ça ne vous dirait pas de monter au 1er étage ? 
Je suis en rendez-vous avec un vigneron, qui nous fait goûter ses vins".
J'implore du regard ma belle, elle acquiesce d'un mouvement de cil.
Arrivés à l'étage, nous découvrons un très joli bar, 
avec une collection d'alcool et champagne tip top...
On nous présente à Renaud GUETTIER (La Grapperie), vigneron 100% nature à Bueil-en-Touraine, seul domaine viticole de l'AOC Coteaux du Loir en Indre-et-Loire.
Nous prenons place. On nous sert un morceau de foie gras au chocolat.
Et un verre de son blanc sec "Les Dorrées" 2007.
Au nez, c'est oxydatif. Pas étonnant, avec 48 mois d'élevage !...
Très belle matière, belle acidité, jolie finale. Mais je ne suis pas fan, l'aspect oxydatif me dérange, je ne retrouve pas le chenin, la vinification prend le pas sur le terroir et le cépage. 
A l'aveugle, on me dit que c'est un sauvignon nature du Loir-et-Cher typé oxydatif, 
je pourrais me faire avoir. Bref, affaire de goût.

On passe sur "Le Gravot" 2008, assemblage pineau d'aunis, gamay, côt et grolleau.
Provenant d'une parcelle de très vieilles vignes (âge moyen 70 ans) en complantation.
Vestiges d'une époque pas si lointaine, où les agriculteurs du coin étaient en polyculture.
Un canon de soif pour l'été, comme dit son auteur !



On termine par "Adonis" 2010 : 100% pineau d'aunis, issu là aussi de vignes centenaires.
Une robe d'un rouge soutenu pour de l'aunis, un nez de fruits rouges et d'épices. Un vin sans matière excessive mais droit, tout en longueur, appétant.
Gourmand aussi, qui réclame à corps et à cris une belle planchette de charcuterie !!!



On finit par un Coteaux du Loir blanc 1/2 sec, parfait avant de passer à table !

Bouillon Thaï aux crevettes et Kombawa, Poisson du Marché Doré, Poireaux et Navets Confits pour Madame ; Petits Gris en Escabèche, Pot au feu aux épices pour Monsieur.
Au dessert, Croustillant de Pralin au chocolat noir versus Soufflé chaud du Bout du Monde.

Bref, nous sommes allés au Bout du Monde.
Nous sommes revenus repus et joyeux.
(et avec une caisse de 6 de La Grapperie... :-)
 
Bonnes adresses
Restaurant Le Bout du Monde : www.restaurantleboutdumonde.com
La Grapperie, Renaud Guettier : www.lagrapperie.com

Eric Leblanc - 11:47 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Mardi 28 Février 2012

The Drinking Dead

Au pays du miel et du blanc...

Le grincement de la porte d'entrée fût aussitôt suivi du tintement d'un cloche, annonçant au propriétaire l'intrusion d'un étranger... Au centre de la première pièce, faiblement éclairée, se trouvait un monticule de caisses et de cartons dépareillés. Leurs flammes indiquaient fièrement leur provenance montraient leurs étendards : des coteaux ligériens aux terrasses granitiques du Rhône, des Monts Dorés à la Vallée de la Marne... tous les grands royaumes étaient représentés.

Contre les murs, sur des étagères au bois massif, étaient entreposées des centaines  de flacons merveilleux, recouverts d'une épaisse poussière ; certains semblaient reposer dans ce lieu depuis des millénaires... Le chevalier Montrachet se reposait à l'ombre d'un recoin. Le Pape, arborant un bonnet rouge bordé d'hermine, faisait quant à lui les cent pas dans son château flambant neuf.

Soudain, des pas se firent entendre, qui remontaient lentement un escalier en pierre souterrain. Une trappe s'ouvrit et un homme mystérieux me fît face. D'épais sourcils encadraient des yeux sombres, indéchiffrable. Bien que maigre, sa stature ne manquait pas d'aplomb. 
Après m'avoir jaugé, et brièvement salué, il me laissa déambuler dans son antre, repartant à son ouvrage devant un vieux bureau, sur lequel s'entassaient parchemins et autres lettres de créances.

Je flânais, intrigué par l'étrangeté des lieux... Je ne manquais pas de tirer ma révérences aux seigneurs burgondes, de saluer Rabelais et les autres poètes de ma Touraine natale. Barons de Montagnes de l'Est aux noms prussiens, Rois de la Vallée de la Loire, tous étaient là, endormis.

C'est à ce moment-là qu'une voix me parvint... un râle plutôt... Un sifflement - tel le son produit par 2 cailloux que l'on frotte l'un contre l'autre - émanait d'un cercueil en verre. Un parchemin, rongé par le temps, indiquait l'identité du propriétaire. BECHERELLE était-il marqué, inhumé en 1997 au Château de la Roche aux Moines.

Tandis que je m'approchais, une voix faible mais claire me dit : "je ne suis pas mort, n'aie crainte"... "on m'a volé mon nom"... "délivre-moi"... "emporte-moi avec toi"... "rétablis la vérité"...

"Mais quelle vérité", lui dis-je, "de quoi parlez-vous ?".

"Délivre-moi, emporte-moi avec toi" me dit à nouveau la voix. "Fais-moi sortir de cette prison et je te dirai tout !".

Piqué par la curiosité, je rapportais ce cercueil en verre chez moi, après m'être acquitté de taxes diverses auprès du maître des lieux.

Délicatement, je fis sauter les verrous. Un princesse à la robe d'or éclatante en sortit... et se mit à tourbiller, telle la fée clochette, dans mon verre. Une intensité aromatique d'une grande complexité me fit tourner la tête, et je me retrouvais emporté loin, dans un conte des frères Grimm... Des notes de mirabelles bien mûres, de pain d'épice au miel, d'abricot confit, de raisins secs, de cannelle, d'amande et de noix... Une bouche sublime, voluptueuse, d'une longueur infinie avec une finale saline persistante.

"- Dis-moi, quel est ton secret ?
- On m'a volé mon nom, je suis l'une des dernières de ma lignée" me répondit-elle.
Puis, elle repartit dans son mutisme.

Après plusieurs jours de recherche, je décidai de contacter directement la Damoiselle Joly, fille du seigneur du Château de la Roche aux Moines, qui me raconta toute l'histoire..
 
 
Alors, alors, quelle est l'histoire de ce vin magique ?

Il n'existe plus...

Vous pourrez chercher sur la toile, aucune trace de millésimes récents.
 
Ce "drinking dead" a en effet vu son nom changer en 2001, comme l'explique Virginie Foly : "nous avons 5 parcelles de Savennières, dont une d'un tiers d'hectare qui s'appelle Becherelle. Nous avons toujours vinifié tout notre Savennières en une seule cuvée, qu'à l'époque nous appelions Becherelle. Mais comme la totalité de la production de Savennieres était évidement plus grande que ce que cette parcelle pouvait fournir, nous avons dû lui trouver un nom plus global... Dommage car j'aimais bien ce nom.. Désormais, la cuvée s'appelle "les Vieux Clos",  mais dans la bouteille ça reste le même assemblage qu'à l'époque !".

En voilà une bonne nouvelle !!! 

A tous les amateurs de grands chenins racés, je ne peux que vous inviter à découvrir les merveilleux vins de ce domaine : cette cuvée de Savennières, mais également le "Clos de la Bergerie" (AOC Savennières-Roche-aux-Moines, bu récemment un millésime 2006 à se damner !!!) et bien sûr, la célèbre "Coulée-de-Serrant" (monopole de la famille Joly). 

Des vins d'une robe d'or éclatante, d'une complexité aromatique démente, à laisser patiemment vieillir...

NB : ne pas hésiter à les carafer longtemps en avance, ils n'en seront que meilleurs (surtout la Coulée de Serrant, à carafer le matin pour le soir) ! Vins de gastronomie par excellence, à marier avec les plus beaux mets, en particulier des poissons de rivière... ;-) Rhâ, mon royaume pour un vieux savennières et un sandre au beurre blanc !!!...

Eric Leblanc - 09:58 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Vendredi 17 Février 2012

Clos Gerberoy

Du vin et des roses !

Quoi, des vignes à 1h30 de Paris ? Dans l'Oise ??? 
Oui, ma bonne dame ! Oui, mon bon monsieur !

Et plus précisément dans l'un des plus beaux villages de France : GERBEROY, situé au centre d'un triangle formé par Beauvais, Rouen et Amiens au coeur de la Picardie. 

Culminant à 188 mètres (rien que ça !... ;-), cette magnifique petite bourgade est célèbre pour ses maisons du XIIème et XVIIIème siècles, en bois et torchis ou briques et silex. Au printemps et en été, les rosiers grimpants sur les façades transforment la commune en véritable roseraie. 
 

Elle est également connue pour avoir été la résidence du célèbre peintre impressionniste Henry Le SIDANER.
 

A son retour en France en 1900, Le Sidaner cherche à s’établir définitivement dans une maison à la campagne avec un jardin. Il s’en ouvre à Auguste Rodin qui lui conseille le Beauvaisis. C’est ainsi qu’il découvre la petite ville de Gerberoy.

On a bataillé pendant tout le moyen âge et les guerres de religions dans cette ancienne ville fortifiée du pays de Bray, jusqu’à ce que la citadelle finisse par être complètement rasée. Quand Le Sidaner y vient pour la première fois, il découvre un petit village endormi. Immédiatement séduit, il achète une maison dont le verger court sur les ruines ensevelies de l’ancien château. Peu à peu, il modèle bâtisse et jardin selon ses goûts en créant une suite de jardins monochromes désormais célèbre.

Il imprime par la suite son image à tout le village, en lui redonnant vie, en participant à sa restauration, et surtout en florissant les maisons. À tel point qu’en 1938, le Touring Club de France décerne à Gerberoy le prix du village le plus coquet.

Aujourd’hui, la petite ville de Gerberoy, vivant témoignage de l'amour de l'artiste pour les fleurs et les veilles pierres, pérennise sa mémoire et sert sa reconnaissance. Les toiles qu’il y a peint restent les plus recherchées des collectionneurs. Le 15 juin de chaque année, on continue d'y célébrer la fête des roses parmi les ruelles et les jardins chatoyant de pétales rouges et blancs. Chaque week-end, les touristes au long de leurs promenades, peuvent apprécier le charme de Gerberoy et qui sait, peut-être goûter un peu de l'esprit d'autrefois.

« Je songerai sans doute encore le dernier jour où je disparaîtrai, à la plus humble demeure de Gerberoy, où les doigts malhabiles viennent accrocher sur les volets de la fenêtre l'unique tige fleurie qu'une grappe de roses aura alourdie et qui, peut-être, apportera avec elle, comme en un mystère, l'éveil de la grâce que toute la nature contient en son éblouissement. » (Henri Le Sidaner)

Bon, c'est très bien, tout ça, le p'tit blanc... continue comme ça et tu vas finir par te faire embaucher comme chargé de mission au comité départemental du Tourisme de l'Oise... 
Mais, ton blog, là... c'est bien un truc sur le pif ???...

Détends-toi, jeune padawine, j'y viens...

V'là t'y pas qu'en 2004, Etienne LE SIDANER, petit-fils du peintre, Louis VALLOIS, Maire Honoraire de Gerberoy et Jean-Pierre HIS, restaurateur, fondent avec une douzaine d'autres membres l'association LE CLOS GERBEROY, autour d'un projet unique et original : la naissance d'un vignoble en Picardie.

Fraternelle et caritative, cette association vineuse a pour but :
- la création et la promotion du "Clos Gerberoy"
- aider des associations caritatives oeuvrant notamment en direction des enfants
- aider à la sauvegarde du patrimoine de Gerberoy
participer au refleurissement des ruelles grâce à des actions de mécénats sous toutes ses formes

Ainsi donc, des vignes de pinot noir et de muscat furent plantées le 22 avril 2006 sur le lieu dit "Les Vignes", terroir d'argiles, de limons et de sables d'une superficie de 1,6 ha, donation d'Etienne LE SIDANER.



Les premières vendanges ont donc eu lieu en 2009. 
Deux cuvées virent ainsi le jour : quelques centaines de flacons d'un rouge léger et d'un rosé, vendues dans des bouteilles sérigraphiées représentant des peintures du maître.

Mais alors, ça donne quoi, dans le verre ?
Bon, soyons sérieux, on ne s'attend évidemment pas à un grand cru bourguignon. Simplement un joli pinot noir sur le fruit. Ce qui est le cas.

Bref, ça m'a fait penser à la blague sur la célèbre "ficelle" (bouteille sérigraphiée) de St Pourçain : le vin dont le contenant coûte plus cher que le contenu... 
Parce que, édition limitée oblige + action caritative, la quille n'est pas donnée (25 euros de mémoire)... Mais bon, qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse... cette commune offre une si jolie flânerie que la bouteille n'est que la cerise sur le gâteau...

Pour s'en procurer, allez donc déjeuner en amoureux à l'Ambassade de Picardie, LE restaurant incontournable de Gerberoy : http://www.ambassade-de-picardie.com/

Voilà, voilà... joli souvenir d'un charmant dimanche passé avec ma belle, qui ne perd jamais l'occasion de poser sur un banc en pierre... :-)


 

 

Eric Leblanc - 08:51 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Vendredi 13 Janvier 2012

Une gourmandise pour l'épiphanie !

Ou l'accord parfait avec une galette poire-chocolat

S'il est de bon ton d'associer galette des rois et cidre ou poiré (je ne peux que vous conseiller, à ce titre, les magnifiques produits d'Eric Bordelet et du Domaine familial Dupont), j'ai, pour ma part, dérogé à la règle cette année.

J'aurais pu partir également sur une bonne bière de Ch'Nord ou de Belgique, mais j'ai préféré y associer une gourmandise produite sur mes terres tourangelles... Une gourmandise, vous dites ? Non. LA Gourmandise 2009 du Château de Pintray !
 

 
Pourquoi ce choix ? 
 
N'étant pas fan de la frangipane, nous nous étions rabattus, ma compagne et moi-même, sur une galette poire-chocolat... Et là, forcément, cette cuvée moelleuse à base de chenin s'est avérée parfaite ! Au premier nez, des arômes de confiture de coing et de poire williams bien mûre montent à mon pif. Puis, après aération, des notes de cidre, de cannelle, de vanille, d'abricot et de pêche de vigne viennent chatouiller mes narines ravies...

En bouche, c'est croquant et juteux à souhait. Suffisamment moelleux pour s'accorder parfaitement avec le chocolat, mais sous-tendu par une belle acidité - malgré un millésime chaud - et une finale légèrement poivrée qui réhausse à merveille la poire.
 

 
A noter que 2009 est le premier millésime vinifié par Jean-Christophe RAULT, qui a succédé à son père au gouvernail du Château de Pintray (seul château de l'AOC, entouré d'un clos, avec 6,5 ha d'un seul tenant, certifié Terra Vitis et en 1ère année de conversion bio, qui fait aussi chambre d'hôtes : http://chateau-de-pintray.com). Bref, un bien joli coup d'essai pour ce jeune vigneron formé au Lycée Viticole d'Amboise, qui a eu la chance de faire ses premières armes en tant que stagiaire chez François PLOUZEAU au Domaine de la Garrelière  !
 


Bref, n'en déplaise à Madame, j'ai eu la fève.

Eric Leblanc - 11:42 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Jeudi 08 Décembre 2011

Calendrier de l'AVIN 2012

Les vendanges des premières neiges...

Voilà une vraie découverte, toute droite venue des cimes savoyardes... 

En ces premiers jours de décembre, voici un avant-goût des repas de fêtes avec ce superbe liquoreux de la Maison Philippe VIALLET : la cuvée "Les vendanges des premières neiges" 2009 (AOC CHIGNIN-BERGERON). 

Issu du cépage Roussanne, les raisins surmûris sont ramassés à la main dans un panier. Après un pressage très lent, les jus sont vinifiés et élevés en fûts d’acacia et de chêne pendant 8 mois. 

Au nez, c’est explosif ! Une grande puissance aromatique se dégage, avec une dominante de notes de miel et de cire d’abeille. En bouche, c’est croquant et parfaitement équilibré, avec une finale persistante et complexe :
miel, abricot confit, fruits exotiques (ananas), mirabelle, fruits secs (amande) et fruits rouges (fraise)… 

Comme accord mets-vin, votre serviteur n'a pu résister au plaisir de "faire péter" une terrine landaise (25% de foie gras) de la Maison Barthouil... Trop dur, la vie...



Allez, santé !

Eric Leblanc - 21:38 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 2 commentaires

Lundi 28 Novembre 2011

Vendredi du Vin #41 : les bulles de mariage

Moi, j'les aime nature...

Un thème pareil, cela ne se refuse pas... 
Surtour quand, à l'instar de Miss Glouglou, votre mariage est prévu l'année prochaine ! 
Alors, forcément, je ne pouvais résister à vous parler du joli vin mousseux prévu pour l'occasion.

Quand on est tourangeau, nul besoin de champagne pour arroser l'événement ! On préfère une jolie bulle de Loire, de préférence un Vouvray ou Montlouis en "méthode traditionnelle" (2 fermentations comme en Champagne). Ces vins sont composés à 100% de Chenin (ou Pineau de la Loire), l'un des rares cépages blancs permettant de produire autant des vins mousseux que "tranquilles", du plus sec au plus liquoreux (heureux les buveurs de vieilles quilles de 1947 ou 1959 !).

Les bulles, c'est comme les femmes, je les préfère "nature" et (finement) pétillantes ! D'où mon amour immodéré pour ma belle et tendre... et mont goût - tout autant immodéré - pour le Montlouis Méthode Traditionnelle "Brut Nature" du Domaine Les Loges de la Folie !
 

Mais alors, qu'est-ce qu'il a de spécial, ce "Brut Nature", me direz-vous ? Et ça a quel goût ?

Je laisse la parole à la vigneronne Valérye Mordelet, qui résume on ne peut mieux les choses :

"Un travail précis et rigoureux nous permet d’élaborer notre vin de base. Notre récolte est totalement manuelle, nos raisins sont cueillis bien mûrs et nos rendements sont modérés (35 hl/ha). Nos tris sont soigneux et, grâce à la belle maturité des raisins, la chaptalisation n’est absolument pas nécessaire lors de la première fermentation. Celle-ci est réalisée avec les levures indigènes du raisin (et celles naturellement présentes dans le milieu). Nous procédons au tirage (mise en bouteilles du vin) sans ajout de sucre. Notre vin réalise donc, grâce à ses propres sucres résiduels, sa seconde fermentation (avec ajout de levures champenoises cette fois-ci). Pour avoir l’appellation Montlouis sur Loire, le vin doit rester en élevage sur lattes un minimum de 9 mois. Au moment du dégorgement, nous n’effectuons normalement aucun apport de sucre (notre vin est non dosé). Le millésime 2010, avec sa belle fraicheur, sera dosé, sur les premiers dégorgements,  à 6 grammes, pour apporter de la rondeur au vin. Nous ne faisons aucun assemblage entre millésimes.

Nous souhaitons que notre Méthode Traditionnelle soit avant tout un « vrai » vin (avant d’être « une bulle ! ») et qu’il reflète notre terroir tout en affirmant les qualités aromatiques du Chenin. Délicat, racé, caractérisé par une fine bulle et une belle longueur en bouche, ce vin est bien sec, avec une belle fraîcheur en bouche et, c’est là qu’il se révèle, il présente également une étonnante rondeur. Ce vin décline des arômes de pomme et de poire mûre, de fleurs blanches et de fruits à chair blanche. La finale est légèrement iodée et saline.

Soyez curieux : ce vin sera idéalement servi à l’apéritif, mais il faut, avec gourmandise, l’emmener sur vos coquillages et crustacés et le servir sur vos plateaux d’huitres, vos terrines de poissons. Et même sur un Sandre ou un Brochet de Loire au beurre blanc…".

Cela donne envie, non ? ;-)

Eric Leblanc - 15:55 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Mardi 22 Novembre 2011

Des p'tits nouveaux (a)typiques ?

"Alors, cette année, il a quel goût, le beaujolais nouveau ?" m'ont demandé nombre de clients en fin de semaine dernière. Qu'allai-je leur répondre ? Banane ? Fraise tagada ?...
 

 
Ou alors, à ma proposition de déguster le vin nouveau, la réponse cinglante : "je n'aime pas le beaujolais nouveau, c'est artificiel, je le digère mal et ça m'donne mal au crâne" (bon, OK, j'ai un peu compilé les réponses...). "Hop hop hop, attendez, j'vais vous faire changer d'avis ! Goûtez-moi donc celui-ci : le beaujolais nouveau de Jean-Paul BRUN !"
 

 
"- Mais, c'est bizarre, ça n'a pas le goût de beaujolais nouveau... On dirait... du "vrai vin"...
- Et oui, mon bon monsieur (ou ma bonne dame), c'est parce que ce n'est fait qu'avec du raisin !... (mais quel provocateur, celui-là)".
Et d'expliquer, qu'à la base, avant la généralisation de l'usage de la fameuse levure B71, le beaujolais nouveau n'avait point ce goût de banane exacerbé... mais que c'était simplement un "jeune" vin du Beaujolais, mis précocemment en bouteille.
 
Alors, y aurait-il un renouveau du bojo nouveau ? Un retour à une vraie typicité ?
Avec la baisse des ventes, liée autant, de mon point de vue, par l'immense médiocrité (doux euphémisme) de la masse des vins produits que par l'atténuation de l'effet de mode - les deux étant probablement liés - y aurait-il davantage d'efforts qualitatifs ?

Sur l'ensemble, difficile de juger...

Par contre, il est évident que bon nombre d'excellents producteurs de crus nous délivrent de petites merveilles ! Parmi ceux-ci, j'ai eu le grand plaisir de goûter ceux du Château Cambon (vinifié par Mathieu LAPIERRE - toujours aussi bon !) et d'Isabelle PERRAUD (Domaine des Côtes de la Molière) chez mon confrère Cyrille (Biovino, place Sébastopol à Lille). Pour la description du dernier né d'Isabelle, je vous renvoie aux articles d'Olif et du Bicéphale Buveur.
 

 
Mais revenons à celui de Jean-Paul BRUN... 
Qu'est-ce qu'il a dans le ventre, ce tchiot nouveau ? 
Au nez, point d'exubérance... simplement des arômes bien "nets" de petits fruits noirs et rouges, avec une pointe d'épices... En bouche, une jolie matière, croquante à souhait et bien assaisonnée (poivre noir)... qui réclame à corps et à cris de la cochonaille !!!
Bref, un vrai vin de casse-croûte gouleyant !

Et parce qu'il n'y a pas que le beaujolais nouveau dans la vie, je voulais également vous parler du Muscadet Primeur de Jo Landron, joliment baptisé "Grains de raisins" (que l'on pourrait aisément renommer "fais péter les fruits de mer !!!").
Un gros coup de coeur (précipitez-vous chez Biovino, il lui en reste peut-être encore...) !
A l'ouverture, un très joli nez : fleurs blanches, herbes fraîches, fruits à chair blanche, tilleul... le tout avec une touche saline. En bouche, c'est frais et croquant. Après aération, on a même des arômes de melon et de fruits exotiques ! 
Un vin idéal à l'apéritif, et parfait pour accompagner terrines de poisson, poissons grillés, fruits de mer. 
 

Merci donc à tous ces vignerons qui nous donnent des "arguments", à nous cavistes, pour tenter de faire (à nouveau) apprécier ces sympathiques vins au plus grand nombre !

Eric Leblanc - 14:31 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Mardi 01 Novembre 2011

Contre-Vendredi du Vin #40

ENFIN la vérité sur l'origine du Gamay !

Devant l'abondante production littéraire liée au dernier Vendredi du Vin (orchestré par Sieur Olif) consacré aux "gammes du Beaujolais", je ne peux cacher mon irritation...

Quelle ne fût pas, en effet, ma stupéfaction à la lecture de l'article d'Emilie sur la prétendue origine bourguignonne du gamay !!! Devant cette contre-vérité historique flagrante, je ne peux que m'insurger !

J'ai donc choisi, aujourd'hui fête des morts, de procéder à l'enterrement une fois pour toute de cette légende urbaine... et de laisser éclater au grand jour LA VERITE !

Oui, mes ami(e)s, le gamay ne vient point de Bourgogne... mais de TOURAINE !!!

Quoi ???... Que vois-je twitter sur la cyber-toile ???... "N'importe quoi !"... "Mytho !"... "Et puis quoi encore ?!"...

Vous ne me croyez donc pas... Très bien !

Je laisse donc au Professeur Jean-Claude BOTTON, éminent spécialiste de la question, le soin de vous conter la véritable histoire du gamay. Ceci est tiré de sa conférence au Château de Pintray le 9 avril 2011 :
  
"Il y a très longtemps de cela, avant l’an 1000, une toue s’arrêta sur le bord de la Loire à hauteur de Lussault. Il en descendit une famille étrange.

La mère, qui avait la peau toute blanche s’appelait Gouais. Ce n’était pas une femme facile d’accès. Certains d’ailleurs disaient qu’elle était astringente… Elle avait un accent bizarre : un accent du Sud que les Tourangeaux avaient du mal à comprendre. Le père, lui était « noir », très mat de peau et brun de cheveux. Il s’appelait Pinot et était beaucoup plus facile à vivre qu’elle. Les gens disaient de lui qu’il était léger et fruité… Par contre, les Tourangeaux ne le comprenaient pas très bien non plus : lui venait de l’Est ! Ils avaient un fils unique, dont personne ne connaissait le prénom. Tout le monde l’appelait « le gamin ». 

Ils s’installèrent à proximité du domaine de Pintray, dans une pauvre masure, et le fils unique qui s’ennuyait entre ses parents, prit l’habitude de venir jouer avec les enfants de Pintray. Un jour, ils partirent dans la forêt et revinrent les poches pleines de mûres et de fraises des bois. Mais, comme si cela ne suffisait pas, le gamin, le fils Pinot-Gouais, qui était espiègle et gourmand,  s’arrêta dans des jardins. Pendant que les enfants de Pintray rentraient à la maison,il chaparda groseilles, framboises et cerises pour ses parents, et même des pivoines pour sa mère ! Arrivé au domaine de Pintray, il s’arrêta dans le chai, attiré par une odeur d’une cuve … tellement attiré qu’il bascula dans la cuve et dans le vin rouge avec toutes ses provisions.

Tous les habitants du voisinage le cherchèrent. Le père Pinot est même allé signaler sa disparition à la gendarmerie d’Amboise. La mère Gouais, elle, allait de maison en maison en demandant à chaque fois : « Vous n’avez pas vu mon gamin ? », mais avec son accent du Sud, les tourangeaux entendaient : « Vous n’avez pas vu mon gamay ? »

Le gamin marina une semaine dans la cuve de vin rouge. C’est le propriétaire de Pintray qui le repêcha avec une épuisette, un jour où il avait entendu qu’on pataugeait dans sa cuve. On sortit le gamin, tout rouge, si bien qu’à partir de ce jour on ne l’appela plus que « le petit gamay rouge ». Tout ce qu’il avait ramené des bois et des jardins s’était répandu dans la cuve de vin.
Et quelques mois plus tard, quand on goûta à ce vin, les yeux s’écarquillèrent : un vrai délice ! Il avait un parfum de pivoine et de fruits rouges. Le père Pinot, fier de son fils et de sa trouvaille bien involontaire, pensa aussitôt à son vieux père, là-bas vers l’Est et souhaita qu’il puisse savourer ce nectar avant sa mort. Aussitôt que le petit gamay eut 15 ans, il remplit donc plusieurs flacons de ce délicieux breuvage, et envoya son fiston toujours tout rouge de son séjour dans la cuve : « Va voir comme se porte ton père-grand, car on m’a dit qu’il était malade. Porte-lui ces flacons de bon vin, cela lui fera du bien ! » C’est ainsi que le petit gamay, partit vers l’Est. 

En chemin, il rencontra un drôle d’homme, un brigand tout poilu qui lui demanda où il allait. Quand le gamay lui eut répondu, il lui demanda encore quel chemin il prenait : celui du Nord ou celui du Sud ? Sans rien comprendre et pour se débarrasser de lui, le petit gamay répondit : « Le Sud ». « D’accord, dit le brigand, je passe par le Nord et nous verrons lequel de nous deux arrivera le premier ! » En chemin, le jeune homme traîna, musarda, vagabonda entre Sologne et Morvan, et arriva enfin dans le village de son grand-père, entre Santenay et Meursault, entre Chassagne et Puligny. Après lui avoir demandé des nouvelles de sa santé, il l’interrogea pour savoir si on n’avait pas vu arriver récemment un brigand tout poilu… Le grand-père Pinot éclata de rire et emmena son petit-fils au fond de son jardin, là où la terre avait été fraîchement retournée… Et devant la dernière demeure du brigand, le grand-père expliqua qu’il avait bien vu arriver ce drôle de bonhomme, qu’il avait tout de suite senti le danger et qu’il avait gentiment offert le verre de bienvenue, puis le verre de la convivialité, puis celui de l’amitié… Et au bout de trois bouteilles de bon vin, le brigand s’était écroulé, raide mort !

Ce soir-là, le grand-père dégusta le breuvage apporté par son petit-fils et au fil de la conversation le vieux s’étonna et dit :
 
- Mon garçon, que tu es rouge !
- C’est que je suis tombé dedans quand j’étais petit, grand-père.
- Et comme ce vin sent bon !
- Ce sont les pivoines du jardin, grand-père.
- Mais il y a autre chose …
- Les fruits rouges des bois, grand-père.
- C’est bon !
- Oui, grand-père
- Et comment on t’appelle ?
- Moi, le petit gamay rouge, grand-père.

Le grand-père sourit et s’endormit définitivement.

Le petit gamay rouge s’installa dans le village qui aujourd’hui encore porte son nom, puis il s’en alla finir ses jours plus au Sud, au nord de Lyon, dans le Beaujolais.
 
Aujourd’hui encore, en Bourgogne, quand on raconte cette histoire, on ne se souvient plus que du nom de famille du grand-père : Pinot (mais si, celui qui était tout noir !).

Dans le Beaujolais, par contre, on ne parle plus que du Gamay.

Mais ici, au Château de Pintray,  lorsque l'on raconte l'histoire, on sait bien que toute cela est arrivé grâce au "Petit Gamay Rouge" et qu'il ne faut pas chercher les origines du Gamay en Bourgogne, ni dans le Beaujolais, mais bien en Touraine, là où un enfant est tombé dedans quand il était petit".

Voilà, vous savez enfin pourquoi les vins issus du Gamay ont ce goût si particulier ! Rien à voir avec une hypothétique macération carbonique...

En l'honneur de cette histoire, Jean-Christophe RAULT, jeune vigneron qui a repris le domaine familiale en 2009, a décidé de baptiser sa cuvée de ce noble cépage "le Petit Gamay Rouge" (AOC Touraine). Une vraie corbeille de fruits rouges et noirs, un vin croquant et poivré à déguster sur une viande rouge braisée ou encore une géline de Touraine !
 
En exclusivité, le reportage choc qui fît éclater la vérité au grand jour : 
 

Eric Leblanc - 19:01 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

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