Vendredi du Vin #76 : en Mai, bois ce qu'il te plaît ! Version imprimable

Oh qu'il me plaît, ce thème ! Et qu'il arrive à point nommé en ce mois de mai 2015, qui a vu (une énième fois...) s'étriper la blogospère vinique autour des vins natures, d'une critique gratuite et sans intérêt sur un vin soi-disant aux accents de cidre, etc., etc.

Et chacun de donner son avis, de faire des postures, d'écrire des conneries sans fond ni forme... Et bla bla bla, et bla bla bla...

Moi, en Mai, je me suis déconnecté de Facebook et de ces débats stériles (je vous le conseille, ça détend).  Marre, plein le cul. Putain, vous me faites chier, tous autant que vous êtes avec vos certitudes et vos leçons à deux balles. Je vous laisse jouer dans votre Gallodrome.

Vous remarquerez, je ne casse jamais des vins sur ce blog. Soit je ne parle pas des vins que je n'aime pas (pour la simple et bonne raison que ça n'a aucun intérêt... qu'est-ce que vous en auriez à foutre ?!... Rien. Précisément.) ou alors j'émets des réserves, si possible ar-gu-men-tées (ouh, le gros mot).

En mai, buvez donc ce qu'il vous plaît ! Et pas qu'en mai, TOUTE L'ANNEE !


N'écoutez que vous, ne succombez à aucune mode, ne faîtes confiance qu'à votre palais ! #FuckThemAll.

Soyez curieux, goûtez, goûtez et goûtez encore !
Allez chez les vignerons, dans des dégustations, des salons ! Demandez conseil à votre caviste préféré, auto-proclamé alternatif ou pas. Peut-être que vous n'aimerez pas le vin qu'il/elle vous a conseillé, peut-être aura-t-il/elle mal cerné vos goûts, peut-être n'est-ce pas votre style de vin, peut-être que ce dernier ne goûtait pas bien ce jour-là (ça arrive aussi et pas qu'avec les vins "nature"). Pas grave, c'est le jeu, ma bonne Lucette. C'est comme cela que l'on affine son goût. "Vivre prudemment, sans prendre de risque, c'est risquer de ne pas vivre" disait le poète. Avouez que, présentement, le risque n'est pas bien grand, au pire de verser le fond de la bouteille dans l'évier et d'avoir perdu quelques euros...

Et par pitié, ne succombez pas à la paresse intellectuelle de faire une généralité sur une appellation, un vigneron, un cépage ou une région viticole sur la simple et unique base d'une bouteille dégustée !

Laissez ça aux professionnels (ou assimilés), ils font ça très bien !... ;-)

Sur ce, je m'en vais mettre au frigo cette bouteille de Cheverny blanc, du Domaine de Montcy, que je ne connais que de réputation, et qui me paraît parfait pour un prochain apéro. Et bien qu'on ne m'en ait dit le plus grand bien, c'est promis, je me ferai mon opinion à la seule force de mes papilles ! C'est également promis, je n'en tirerai aucune généralité ni sur l'AOC, ni sur la pertinence d'assembler du sauvignon et du chardonnay, ni sur le fait de travailler en bio, pas plus que je ne qualifierai ce vin de féminin car produit par une vigneronne !...

Par contre, si je me régale, vous risquez d'en entendre parler ! ;-)
 





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Histoires d'accords vins & fromages Version imprimable


Le mois dernier, les membres de l'Association Oenologie et Culture ont eu l'excellente idée d'inviter Tristan Sicard de la Crèmerie (et bar à fromages) Delassic, créée dans le Vieux-Lille par Tristan et son frère jumeau en 2011. J'intervenais ce soir-là "en renfort" en apportant, si besoin, des précisions sur les appellations, domaines et cuvées.
 

Pour tout amateur de fromages, c'est devenu une adresse incontournable sur la métropole lilloise. Et cerise sur la gâteau, hormis que les deux frangins soient éminemment sympathiques et passionnés (et aussi expatriés tourangeaux, comme votre serviteur), ils ont développé une gamme de vins qui tient sacrément la route, sur les conseils avisés d'un confère caviste de Tours (l'excellent Ô lieu dit Vin).

Voyez plutôt : aux côtés des tommes, fromages de chèvres et autres pâtes persillées, l'amateur de vin a la possibilité de se régaler avec les flacons de Faugères de Binet-Jacquet, les Vouvray de François Pinon, les Coteaux du Languedoc de Sylvain Fadat, les Gaillacs de Bernard Plageoles, les Sancerres des Fouassier ou encore les Jasnières d'Eric Nicolas, pour n'en citer que quelques-uns !

C'est donc à partir de leur gamme de vins et de fromages que s'est construite cette séance.

NB : les commentaires de dégustation pour les fromages qui suivent sont de la plume de Tristan.
 
Crédit photo : lescachotteriesdelille.com

Tristan a débuté par une brève et nécessaire remise à niveau, en rappellant les caractéristiques des différentes familles de fromage :
  • les fromages de chèvre (famille à part entière, bien qu'ils puissent être produit en tomme, pâtes persillés...)
  • les fromages à croûte fleurie (camembert, brie...)
  • les fromages à croûte lavée (maroilles, livarot...)
  • les tommes / pâtes pressées non cuites (la + grande famille)
  • les pâtes pressées cuites (gruyère, comté...)
  • les pâtes persillées (roquefort, fourme d'ambert...)
  • les pâtes filées (ex : mozzarella)

Sans oublier les célèbres fromages fondus. Rien à voir avec la raclette, chers lecteurs, il s'agit des fromages industriels comme la world famous Vache qui rit...

Puis de rappeler à l'auditoire déjà affamé l'importance et le plaisir de convoquer tous ses sens, pas uniquement le goût, pour déguster des fromages, à l'instar d'une dégustation de vin.

Cette introduction passée, on a débuté avec un fromage (au lait pasteurisé) de chèvre de Provence, à la texture fondante d'un blanc immaculé et aux arômes de thym et de citron, j'ai nommé le Rove des Garrigues. "Un fromage estival !" selon Tristan.
 

Avec celui-ci, Tristan nous a servis un Vouvray sec 2011 de François Pinon. Ce domaine fait indéniablement partie des belles références diu Vouvrillon. Il est situé dans la Vallée de Cousse à Vernou-sur-Brenne et compte 13 hectares cultivées en agriculture biologique.
 

Un vin racé, minéral avec une belle tension. Appétant et salivant. Notes d'agrumes et florales (tilleul). Inutile de préciser que ça matchait sévère avec le fromage !
 

L'accord fromage-vin était tout aussi réussi avec ce Clacbitou bourguignon, autre fromage de chèvre, mais cette fois au lait cru et affiné, de fabrication fermière (c'est-à-dire que transformation du lait et la fabrication du fromage ont lieu dans la même exploitation agricole. NB : l'affinage peut être réalisé par un affineur ou au sein de l'exploitation). Ce clacbitou offre des arômes de foin, de paille avec une longueur caprine marquée par la fraîcheur. Encore un joli mariage avec le Vouvray !
 

Pour bien montrer la diversité des fromages de chèvre, Tristan nous servît ensuite ce Petit Fiancé des Pyrénnées produit en Ariège (lait cru de chèvre, fabrication fermière), qui ressemble beaucoup au Reblochon. A l'oeil, la pâte est souple et homogène. Des arômes caprins et de terroir caressent le nez. En bouche, une saveur de terroir teintée de notes caprines embaume l'ensemble du palais.
 

Et pour accompagner celui-ci, on se régala avec la version en blanc des Cocalières du Domaine d'Aupilhac ! Depuis ses vignes de Montpeyroux, Sylvain Fadat fait aujourd'hui partie des grands noms du Languedoc. Le terroir des Cocalières, récemment replanté et cultivés en bio, est situé en altitude et orienté au nord.
 

Les notes de miel et d'amande ressortent nettement dans ce savant cocktail d'arômes. L'assemblage équilibré de roussanne, marsanne, grenache blanc et vermentino donne à ce vin un gras, une longueur et une superbe complexité aromatique. Très joli vin, un des meilleurs que j'ai goûté sur cette appellation, qui présente un sérieux potentiel de garde.


Sur ce même vin, on enchaîna avec un Etivazde la famille des pâte pressée cuite. Surnommé le "Roi des Préalpes Vaudoises", ce fromage au lait cru de vache fût le premier produit alimentaire suisse, autre que le vin, a obtenir une AOC en 1999. Ce fromage présente une attaque en bouche légèrement fumée, puis vient une longueur marquée par le beurre d'où se dégage des notes floral et herbacées très intenses. Autant dire qu'avec le caractère légèrement oxydatif du vin, du fait de son encépagement, c'était divin.
 

On passe aux rouges, en s'en allant découvrir la Tomme des Grands Causses dans l'Aveyron, de la famille des pâte pressée non cuite donc, au lait cru de brebis (fabrication fermière). L'affinage prolongé apporte à cette tomme des notes délicatement noisetées sur la longueur et une finale légèrement salée sans être trop agressive.
 

Pour accompagner ce fromage et le suivant, Tristan avait choisi ce Sancerre rouge du Domaine Fouassier (l'une des plus vieilles familles de vignerons sancerrois, convertie à la biodynamie au début des années 2000), l'étourneau 2010, qui présentait des signes évidents d'évolution, tant au niveau de la couleur tirant vers l'orange, que des arômes marqués par le kirsch, le cuir, la ronce, la myrtille avec des notes fumées. Bon vin, mais sur le déclin, avec une finale courte. Ce n'est pas forcément le vin que j'aurais associé de prime abord avec le fromage, mais force est de constater que cela fonctionnait très bien.
 

Tout comme il se marriait très bien avec ce Bleu de Gex, pâte persillée au lait cru de vache, provenant de Franche-Comté. "Hostile à l'oeil mais délicat au palais !" nous prévint Tristan. De la finesse, en veux-tu en voilà, avec ces notes crémeuses en entrée de bouche et la fraîcheur marquée par la noisette en finale. 
 


A l'annonce du vin suivant, j'avoue que j'ai eu un peu peur : une Côte-Rôtie 2011, du Domaine Faury, situé à Chavannay dans le Parc Naturel du Pilat. Peur non pas de la qualité du vin (je suis un grand fan de syrah et de Côte-Rôtie, en particulier), mais parce que je craignais que le vin ne présente une structure tannique trop astringente, du fait de sa jeunesse.
 

Mes ami(e)s, que nenni ! Cette cuvée Reviniscence est une véritable gourmandise : nez de cassis, de violette, de zan et de fruits rouges. Pointe graphite. Tanins soyeux. Bref, un vin qui fait glou !
 

Et qui fait miam avec ce Brie de Melun, de la famille des pâte molle à croûte fleurie, au lait cru de vache. Moins connu que son cousin francilien de Meaux, son caractère tertiaire est un délice : odeurs agréables de champignons et humus, qui se retrouvent au palais. En bouche, c'est crémeux et enrobant. Une légère pointe saline vient clôre le débat autour de ce grand fromage !
 

On finit la bouteille de Côte-Rôtie avec cette Tomme de Rilhac (Limousin), au lait pasteurisé de vache, qui présente une légère acidité en entrée de bouche, qui est suivie d'un crémeux étonnant pour ce type de pâte. Des notes épicées allant sur le cumin sont présentes tant dans la chair que sur la croûte.
 
 
On passe à présent la frontière chez nos voisins belges avec ce Herve, pâte molle à croûte lavée, au lait cru de vache, qui n'est plus produit aujourd'hui que par 2 producteurs, et qui est actuellement menacé de disparition par excès "d'hygiénisme". Je vous invite à prendre connaissance de cette affaire sur le blog Vins Libres ICI et ICI (et à signer la pétition pour la sauvegarde de ce morceau de patrimoine belge !).

Bien moins fort que son cousin, le Maroilles, il cache, derrière sa texture fondante voire crémeuse, un coeur crayeux qui donne en bouche une fraîcheur bienvenue, qui rompt avec la trame gourmande de sa crème. 
 

Tristan a judicieusement choisi de l'accorder avec un Côtes de Montravel 2013 du Château du Bloy. Cette AOC, crée en 1937, se situe à l'ouest de vignoble de Bergerac, limitrophe avec le Bordelais, sur des terrasses calcaires qui bordent la Dordogne. Contrairement à l'AOC Montravel qui produit des vins secs, l'AOC Côtes de Montravel est appellation de vins moelleux (tandis que les vins produits en AOC Haut-Montravel sont liquoreux). En termes d'encépagement, on est sur les mêmes variétés que dans le Sauternais, à savoir sémillon, muscadelle, sauvignons blanc et gris. Viennent s'ajouter chenin et ondenc en cépages accessoires (max 10%).

Peu alcoolique et juste moelleux, son acidité lui procure de la fraîcheur et de la buvabilité. Ce qui lui permet de s'accorder également très bien le dernier fromage de la soirée, j'ai nommé la Fourme de Montbrison, produite dans le département de la Loire, à partir de lait cru de vache. En bouche, elle présente un étonnant et délicat goût boisé. Le persillé est fondu dans la crème de vache, ce qui en fait un des bleus les plus doux. 
 

Cerise sur le gâteau, j'avais ramené un trésor de la cave paternelle, un Château Caillou, 2nd GCC de Sauternes, fort bien conservé malgré ses... 40 ans !
 

Moka, truffe, fraîcheur insolente et équilibre, autant de mots qui caractérisent ce grand Barsac ! ('y a pas à dire, les vieux Sauternes, quand c'est réussi, c'est grand)
 

Encore une belle et gourmande soirée passée à l'Association Oenologie et Culture !...
Je vous le dis, il y a des jours où c'est plus difficile de cracher que d'autres...
 

Merci et bravo à Tristan Sicard pour la qualité de sa sélection, tant pour les fromages que les vins !
 
 
 Delassic Frères
11 place des Patiniers
59000 LILLE
03 28 52 32 88
 


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Portrait de Brasseur #5 : la Brasserie Thiriez Version imprimable


Rendons à César ce qui appartient à César, Daniel Thiriez, en créant en 1996 la brasserie qui porte son nom, a fait indéniablement partie des pionniers du renouveau de la brasserie artisanale dans le Nord-Pas-de-Calais.

Hormis les brasseries "historiques" (devenues aujourd'hui semi-industrielles) comme Castelain (Ch'ti, créée en 1926), Duyck (Jenlain, créée en 1922) ou Saint-Sylvestre (Trois Monts, dont la création daterait d'avant la Révolution), le paysage brassicole artisanale de l'époque dans la région se résumait peu ou prou aux (par ailleurs excellentes) brasseries Au Baron (Cuvée des Jonquilles, créée en 1989) et Beck (Hommelpap, créée en 1992). Le marché était complètement concentré entre les mains des industriels. On était donc à des années-lumières de la dynamique actuelle !
 
Qu'est-ce qui a donc poussé ce diplômé en Sciences Politiques et Histoire à quitter son poste de DRH chez Auchan (à l'époque, Empire en pleine expansion) pour se lancer dans la fabrication de bières artisanales, à la stupéfaction générale ?

Comme toujours dans ces changements de vie, une conjonction de facteurs. En premier lieu, une volonté farouche d'indépendance et de création. En second lieu, un souhait d'harmoniser vie professionnelle et vie familiale, en choisissant son cadre de vie.

Mais pourquoi la bière plutôt qu'une autre activité économique, me direz-vous ?

Et bien, il se trouve que Daniel Thiriez fût l'un des premiers brasseurs amateurs dans les années 70, alors étudiant à Paris et intéressé par la chimie. Durant les années 80, il assista à l'éclosion des brasseries artisanales dans le reste du Monde, notamment en Amérique du Nord (USA, Canada), en Belgique et Royaume-Uni. Ce qui renforça chez lui une intime conviction : "je pensais que le marché des bières artisanales avait un avenir considérable, la domination industrielle n'étant pour moi qu'une anomalie complète"  avant de poursuivre avec ce proverbe qui allait devenir son mantra : "l'herbe pousse entre les pattes de l'éléphant". Et de résumer ainsi : "j'étais persuadé que l'uniformisation des goûts proposés par les industriels laissait de facto un champs considérable aux véritables artisans".

Il semblerait bien que son parcours et que le renouveau actuel partout dans le Monde des brasseries artisanales lui ait donné raison !
 

Avec une telle philosophe, pas étonnant que je tombe nez-à-nez sur l'affiche "Epaulé, Jeté" des célèbres vignerons bourgueillois Catherine et Pierre Breton, en rentrant dans la salle de dégustation.

Plus je rencontre de brasseurs artisanaux, et plus les liens de parenté avec leurs cousins artisan-vignerons me sautent aux yeux, dans les valeurs communes défendues et leur philosophie de travail.
 

Daniel Thiriez, "l'artisan de l'amer", comme l'a joliment titré un jour un journaliste
 
A une époque pas si lointaine où Internet et les réseaux sociaux n'existaient pas, sans aucun réseau ni contact dans la profession, il lui fallut 2 ans pour monter son projet. Il suivit alors des formations et stages à l'IFBM de Nancy et au département bière de l'Institut Meurice à Bruxelles.
 

Il s'installa à Esquelbecq dans les Flandres (59), en acquérant une brasserie neuve italienne d'une capacité de production de 6 hectolitres, avec laquelle il travailla pendant 10 ans. Avant d'investir il y a 7 ans dans un nouvel outil de production semi-automatique de 20 hectolitres, qui lui permet de produire environ 1800 hectolitres par an.
 

"Je suis partisan d'une croissance durable, à savoir pas à tout prix et doucement. Les hectos ne m'intéressent pas. L'entreprise est restée très familiale (5 personnes) et ce qui m'intéressent, c'est de produire des bières qui me conviennent".

Vous l'aurez compris, point d'étude de marché avant de lancer une nouvelle bière !

Dans ses influences principales, il cite volontiers certaines bières régionales comme Jenlain ou la Cuvée des Jonquilles, mais surtout les bières de type "saison" de la Brasserie Dupont (Belgique). A savoir donc, des bières plutôt sèches, amères et légères.

Les houblons utilisés sont principalement européens : France (Nord-Pas-de-Calais et Alsace), République Tchèque, Royaume-Uni, avec comme exception ceux d'origine américaine pour la Dalva.

"J'essaie de produire des bières avec beaucoup de saveurs et de parfums, de longueur en bouche et avec le moins d'alcool possible".

Il se dit également très influencé par ses confrères américains (il est très attaché aux USA, qu'il connait bien, son épouse étant nord-américaine) : "ils sont extrêmement inventifs, ils osent tout (même si je ne suis adepte de barley wine à 12° ou d'imperial stout à 14°). Avec 10 ans de retard, tout le monde sort ici des IPA (India Pale Ale, bière très houblonnée) avec des houblons américains. Le style "saison" est aussi très en vogue aux USA"

Ce qui explique ses collaborations régulières avec des brasseurs américains, d'influence européenne (saison, gueuze), comme  Jester King (Texas), Oxbow (Maine) ou Saint-Somewhere (Floride)


Pas étonnant donc qu'il produise la Dalva, une double IPA dans le plus pur style anglo-saxon, qui tire son nom du roman de l'écrivain américain Jim Harrison, dans lequel il écrivait : "une seule bouteille de bière suffit à engendrer un flot de grands pensées...".

Dès la création de la brasserie, il a sélectionné auprès de l'Institut Meurice une souche de levure spécifique (de type "saison"), dont il a l'exclusivité, et qui apporte une véritable signature à l'ensemble de sa gamme. Toutes ses bières sont non filtrées, sans aucun additif et élevées sur lies.

 
Et parfois même en fûts comme cette Dalva millésimée...


Mais bien avant la Dalva - et pour ne parler que des principales bières - il y eut d'abord la Blonde d'Esquelbecq (bière de garde houblonnée, en 1996) et l'Ambrée d'Esquelbecq (à la base une bière de noël très légèrement épicée, en 1997).

Puis la Rouge Flamande en 1999, sa première bière de commande, une bière événementielle (*) devenue depuis un succès. En termes d'étiquette, celle-ci marqua un tournant, puisque dès lors il n'y eut plus d'unité visuelle, chaque bière ayant sa propre personnalité.
 

Puis naquit La Petite Princesse, véritable plaidoyer pour réhabiliter les "bières de table" (2-3°), à une époque où la majorité des bières de ce type avaient mauvaise presse (ce qui n'étaient pas injustifié, d'ailleurs). Une bière à contre-courant, pas à la mode, "très délicate à brasser". La bière préférée de son épouse. "Militant anti-sucre", Daniel Thiriez est certain que les gens vont retrouver le goût des bières légères, mais qui ont du goût. Pour vous convaincre, buvez-en une en plein été sous le parasol. Vous verrez, l'essayer c'est l'adopter.
 

En 2000, une nouvelle étape est franchie avec L'étoile du Nord, fruit d'un partenariat avec John Davidson de la Brasserie Swale (UK). Une bière blonde, légère et bien houblonnée, élaborée avec un houblon du Kent nommé Bramling Cross.


"A l'époque, nous l'avions produite par plaisir. il n'y avait pas de marché localement pour ce type de bière. Les ventes ont réellement commencé à décoller en 2002, via mon importateur américain (le même que la Brasserie de la Senne) qui, après l'avoir goûté, m'a commandé 2 palettes. Cela m'a donné confiance !".

Depuis, Daniel Thiriez poursuit son chemin, expérimente et continue à élaborer ses recettes (La Biobière, La Maline, Les Quebecoises, La Vieille Brune...).

Dernière collaboration en date, cette Train to Mars, produite avec et pour la Cave à Bulles à Paris, une "bière de type saison à l'américaine, houblonnée à cru, avec des houblons Aramis (Alsace), Mosaïc et Simcoe (USA).
 
 
"A "Saison de Mars" hopped with Mosaic, Aramis, Simcoe
and fermented with the world famous Thiriez house yeast".
 

Des travaux d'extension ont débuté le 28 avril dernier. Fidèle à sa théorie de la "croissance durable", la brasserie s'agrandit doucement mais sûrement...
 
 
Brasserie Thiriez
22 rue de Wormhout
59470 ESQUELBECQ
Ouverte du lundi au samedi : 9h-12h30 / 14h-19h


(*) La Rouge Flamande est le nom d'une race locale de vache laitière, c'était une commande des éleveurs pour l'inauguration d'une statue de l'animal à Bergues.




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Dans la famille Noirien, je demande le Père... Version imprimable

 
 
Le mois dernier, au Club AOC (Association Oenologie et Culture), le fabuleux cépage pinot noir fût à l'honneur. Pour cette dégustation comparative, nous avions décidé de ne proposer que des vins issus de la partie septentrionale de la France : depuis sa Bourgogne natale jusqu'aux portes de l'Atlantique en Vendée, en passant par le vignoble du Centre-Loire.

Car si nous avions voulu représenter ses innombrables facettes, la dégustation eut été interminable, tant ce cépage a traversé les frontières, pour être planté aujourd'hui dans un grand nombre de pays, sur tous les continents.

Revenons-en justement à ses origines bourguignonnes : il semblerait que ce soit les romains qui sélectionnèrent des vignes sauvages et les cultivèrent dans cette partie de la Gaulle occupée. Ce cépage romain antique se nommait l'Allobrogica. Il fallut attendre le Moyen-Âge pour qu'il connaisse un essort et une diffusion, via les Monastères, dans les régions alors d'influence germanique : Allemagne (+ de 11 000 ha aujourd'hui), Suisse, Autriche, Alsace, Roumanie...

Dans une deuxième phase, il fût introduit dans les pays dits du "Nouveau Monde" via l'émigration germanique : USA (Oregon, Californie, Long Island), Canada (Ontario), Nouvelle-Zélande, Australie.

En France, on en retrouve, outre la Bourgogne, dans le Val de Loire (Cher, Indre, Loire-et-Cher, Loiret, Allier, Vendée), en Alsace, en Champagne, dans le Jura et dans le Languedoc.

D'un point de vue cultural, ce cépage nécessite un terroir qui affaiblit sa vigueur, il est sensible aux maladies (mildiou, pourriture grise, cicadelle). Il donne généralement des vins d'une rouge ruby, Ses baies, d’un noir légèrement bleuté sont petites et serrées. Elles donnent un jus incolore et sucré. On y décèle des notes de fruits rouges (cerise sous toutes ses formes, framboise, fraise, groseille...) et noirs (cassis). En évoluant dans le temps, les vins peuvent présenter des arômes de rose fânée, de réglisse, de pruneau, des notes fumées, animales, de gibier, de cuir...

Véritable "éponge à terroir", il existe autant de vins que de lieux qui l'ont vu naître, ce qui en fait tout son charme, et celui des vins de Bourgogne en particulier, où il règne en maître. Voici quelques exemples, comme autant de facettes de ce divin cépage...
 
 
On débute notre périple en partant de Westhoffen, petite bourgade "capitale de la cerise" alsacienne située à 25kms à l'Ouest de Strasbourg, au Domaine Loew, précisément.

Héritier d'une famille de vignerons présents à Westhoffen depuis le XVIIIème siècle, Caroline et Etienne Loew ont repris en 1996 le domaine de 6,5 hectares, dont une parcelle de Grand Cru Altenberg de Bergbieten et des vignes sur le coteau très qualitatif de Bruderbach (auparavant, les parents d'Etienne étaient coopérateurs). Devenus vignerons indépendants, ils convertissent le domaine à l'agriculture biologique et biodynamique en 2009. C'est aujourd'hui l'une des étoiles montantes du vignoble alsacien.

Dégustation : nez précis et élégant sur les fruits rouges (framboise, fraise, cerise), notes fumées. En bouche, on retrouve les mêmes arômes, soulignés par une belle minéralité. Le vin est fin et très digeste, avec une finale qui fait ressortir des notes poivrées.
 
 
Le Domaine Amiot-Servelle est aujourd'hui dirigé par Elisabeth et Christian Amiot. Leurs terroirs sont principalement situés sur les meilleurs premiers crus de Chambolle-Musigny, avec une petite extension dans le Clos de Vougeot voisin, rendus célèbres par les moines cisterciens. Les vignes sont cultivés en lutte raisonnée jusqu'à 2003, puis en bio à partir de cette époque (début de certification en 2008). Ce Chambolle-Musigny provient de raisins issus de 8 parcelles de sols divers. Il a été élevé 18 mois en fûts (dont 20 à 30% de chêne neuf).

Dégustation : le vin est solaire et concentré, sur un registre empyreumatique (cacao, cuir). Pas de doute, on est bien 2009, années solaire en Bourgogne. Certaine puissance et belle longueur.
 
 
Nous voici arrivés en Centre-Loire, dans le Cher au Domaine Vacheron, pour vous parler de la cuvée "Belle Dame" 2010, élaborée par Jean-Dominique et Jean-Laurent Vacheron. Ce domaine fait partie de l'élite à Sancerre, et fût le premier à être certifié en biodynamie en 2006. 

Cette cuvée fût classée "2ème meilleur vin rouge de Loire 2010" par la Revue du Vin de France.

  
Dégustation : Finesse, arômes de griotte et notes fumées. Minéralité +++. Indéniablement l'un de mes coups de coeur de la soirée !
 
 
L'invitée de la soirée fût cette bouteille de Pommard "Les Vignots" du Domaine Chantal Lescure, rapportée par l'un des convives. 

Fondé en 1975 par Chantal Lescure et Xavier Machard de Gramont à Nuits-Saint-Georges, il appartient désormais à leurs deux fils, Thibault et Aymeric Machard de Gramont. Ce domaine de 18 hectares produit des vins bio dans de nombreuses appellations de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits. François Chavériat est engagé comme maître de chai en 1997 et oriente le domaine vers le bio dès sa prise de fonction. 

Dégustation : nez superbe et ouvert aromatiquement mêlant puissance et finesse aromatique, tout à fait caractéristique d'un Pommard. En bouche, même topo. Bref, très joli flacon.
 

Placer un Givry 1er cru après un Pommard, c'est un peu osé, mais ça se tente (vu le niveau de la sélection, l'ordre n'était pas si évident à définir, d'autant que je voulais alterner si possible la Bourgogne et les autres appellations) ! Finalement, c'est passé comme une lettre à la poste.

Après la Cote de Nuits et la Côte de Beaune, nous voici donc rendus en Côte Chalonnaise, dans l'un des domaines les plus fameux de Givry, chez Jean-Marc et Vincent JOBLOT.

A Givry, et nul part ailleurs, puisque les 14 hectares du domaine sont tous plantés (à 11 000 pieds / ha) sur la commune. Le Clos de la Servoisine fait partie des climats classés en 1er cru les plus connus, avec le Clos du Cellier aux Moines (mais plus calcaire que ce dernier).

Dégustation : moins de matière et de structure tannique que le précédent, forcément, mais quel équilibre (et déjà si agréable à boire) !
 

Avec le vin suivant, on change radicalement de région et de registre ! Nous voici transportés à l'Ile d'Olonne au Domaine Saint-Nicolas de Thierry Michon, figure incontournable de la jeune AOC Fiefs Vendéens. Créé en 1960, il fut repris par Thierry qui le convertît à l'agriculture biodynamique dès 1995. Il compte aujourd'hui 32 hectares de chenin, chardonnay, groslot gris, gamay, cabernet franc, négrette et... pinot noir.

Cette "Grande Pièce" 2010 est issue de vignes d'environ 25 ans, plantés sur des sols schisteux sur des légers coteaux exposés sud-ouest. Rendements : 25 hl/ha. Egrappage à 80%. Macération en cuve bois ouverte pendant 14 jours. Elevage en double barrique neuve sur 15 mois.

Dégustation : ça, c'est pour la partie technique, mais dans le verre, ça raconte quoi ? En premier lieu, c'est la robe sombre du vin qui frappe : on est bien loin du rouge ruby ! Au nez, on ressent la concentration du vin, dans un mélange de fruits noirs, de réglisse et d'épices. Arômes que l'on ressent en suite gustativement. C'est bien simple, à chaque fois que j'ai eu l'occasion d'en boire, j'ai été "déstabilisé" par la puissance et la concentration de ce vin, tellement on est loin des standards bourguignons. Bref, en un mot, un vin ATYPIQUE ! Et somptueux qui ne demande qu'à patienter tranquillement en cave pour vous donner le meilleur... (NB : c'était déjà très bon en 2010, après un passage en carafe, mais ça ressemblait quand même un peu à un infanticide tant ce vin est promis à un bel avenir)
 

Retour en Côte de Beaune pour s'attaque à l'un des domaines phares de Volnay, à savoir la Pousse d'Or ! Disons-le tout net, avec ce vin, on passe un cran à la fois tarifaire (environ 75 €, soit plus du double de la moyenne des autres vins) et qualitatif (encore heureux, me direz-vous) !

Selon la légende, ce domaine remonterait aux moins aux Ducs de Bourgogne et ses vins seraient même connus depuis le IVème siècle ! Ce sont les familles de Chavigné et de Lavoreille qui jettent les bases de sa forme actuelle en 1954. A l'époque, il se trouvait à Santenay, avant qu'il n'émigre vers Volnay dix ans plus tard, au moment de la revente aux familles Ferté, Potel et Seysses ; date à laquelle ils rachètent la fameuse maison qui orne le flanc du village au-dessus du Clos d'Audignac, appartenant alors à l'évéché de Dijon.

Le domaine acquiert sa réputation internationale durant la période de 1964 à 1997, sous la gérance de Gérard Potel, avant qu'il ne soit repris par Patrick Landanger, l'actuel propriétaire, ancien industriel passé de l'équipement chirurgical à la vigne.

Aujourd'hui, les 18 hectares sont conduits selon les principes de l'agriculture biologique, bien que le domaine ne soit pas certifié. Le domaine produit environ 90 000 bouteilles, principalement des 1ers Crus et Grands Crus, à l'instar de (attention, roulements de tambour) : Clos de la Roche (Morey-Saint-Denis), Bonnes-Mares et Les Amoureuses (Chambolle-Musigny), Clos du Roi et Bressands sur le GC Corton, 4 premiers crus à Volnay, dont 3 monopoles (Clos de la Pousse d'Or, Clos des 60 ouvrées et Clos d'Audignac)... Bref, vous avez compris : ça envoie du gros.

Les vins sont vinifiés lentement, le plus naturellement possible et élevés 18 mois en fûts, dont environ 30% de bois neuf.

Le Clos d'Audignac mesure 0,80 ha. C'est un terroir de marnes et d'éboulis calcaires orientés nord-est. Les vignes ont été plantées en 1966.

Dégustation : comment vous dire, j'ai juste marqué "EXCEPTIONNEL !". Voilà, un moment, il faut se taire, arrêter d'intellectualiser la chose, poser le stylo et profiter de l'instant présent. Ce que j'ai fait, vous pouvez me croire !

Bref, c'est aussi ça l'intérêt de rejoindre un club de dégustation : boire des vins hors de prix que l'on ne s'achèterait jamais.
 


On termine cette jolie dégustation avec eul' copain Minchin, Bertrand de son prénom, le "Magicien du Berry" comme l'avait surnommé Marthe du blog l'Actu du Vin, après une visite au domaine.

Bertrand, c'est un gars super, gentil comme tout, avec des chemises de toutes les couleurs. J'ai eu le plaisir de l'assister sur son stand au dernier Salon des Vignerons Indépendants de Lille. Vous l'aurez compris, j'aime le personnage ET ses vins. Ce qui n'est pas toujours le cas, soit dit en passant.

Bertrand, il a deux domaines, l'un en AOC Ménetou-Salon, sur le cru Morogues : la Tour Saint-Martin. L'autre en AOC Valençay et Touraine : le Claux Delorme.

Bertrand, il a également des enfants, dont Célestin et Honorine, prénoms dont il a baptisé ses grandes cuvées en rouge et blanc. C'est donc la cuvée Célestin sur le millésime 2005 qui vint clore cette soirée.

Dégustation : bon, c'était un pari de passer derrière le monstre précédent, mais ce Ménetou-Salon de haute volée le fît avec panache, sur un registre tertiaire tout en subtilité, sans pour autant rivaliser avec son illustre cousin bourguignon. C'était en tout cas intéressant de goûter un vin de 10 ans d'âge de cette appellation, même si du coup, je préfère son profil âgé de 4-6 ans.
 

 
Conclusion : un joli panel de pinots noirs septentrionaux, un niveau très élevé et homogène (dans une fourchette de prix allant de 13 € à 75 €) et surtout une singularité de chaque vin proposé tout à fait passionnante. En termes de rapport qualité-prix, le vin du Domaine Loew a bluffé tout le monde (13 €). D'un point de vue strictement "organoleptique", la Pousse d'Or est arrivé bon premier. Le Sancerre de Vacheron et le Fief Vendéen de Michon ont, quant à eux, marqué les esprits par leur styles affirmés, dans deux registres totalement différents.

Bref, I love Pinot Noir. Et vous ?
 


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Vendredi du Vin #74 : le vin qui désaltère Version imprimable

"Le vin qui désaltère", en voilà un thème fédérateur lancé du fond de son gosier par le vortex de la blogospère, j'ai nommé (le cérébral mais pas trop) Frédéric TRUCHON !

Et ce dernier de synthétiser de façon magistral la dite thématique : "Il fait soif, non ?...".

Tout est là, dans ces quelques mots lancés à la joyeuse assemblée, à ces chers convives attablés, le coude sur le zinc ou vautrés dans l'herbe autour d'un pique-nique dominical.

C'est beau comme du Audiard. C'est qu'il me ferait chialer, ce con.

Il se trouve que j'ai dans ma musette de quoi réhydrater les plus soiffards... Et si on se faisait une bonne vieille bacchanale à la mode romaine ?!... Hey, ça vous dit des grololos à volonté et des copains qui débordent ???!!!... (à ne pas confondre avec des "grololos qui débordent et des copains à volonté"... quoique le résultat serait le même finalement...)

Des grololos...


Tout est marqué sur l'étiquette, on n'est pas là pour disserter. Seule chose à faire : faire péter le pot de rillette et s'en servir une bonne tartine ! Jo Pithon et Joseph Paillé nous offre une bonne rasade de grolleau angevin, rustique juste ce qu'il faut.

Conseil du sommelier :
par deux ou en magnum, c'est toujours mieux. Particulièrement adapté pour un pique-nique dans le Val de Loire, en particulier à Loches (NB : peut présenter un poil de réduction à l'ouverture et juste ce qu'il faut d'acidité volatile pour plaire aux naturistes les plus "exigeants").

Au départ, une cuvée "pour se faire plaisir" qui devient un best-seller. Y compris aux USA, même si ces tartuffes de yankees, jamais avares de contradiction, jouent les vierges effarouchées en censurant l'étiquette officielle : "hide thy bosom from mine eyes"...



Etiquette "originale"

 
Les deux versions "états-uniennes" politiquement correctes... 
 
 
Bon, la paire de Grololos étant liquidée, on quitte Loches et son donjon pour Amboise et son château, avec la cuvée Ad Libitum de La Grange Tiphaine de Coralie et Damien DELECHENEAU !

... à volonté !...


Que tu aies échappé(e) ou pas à l'option latin en 4ème, cet assemblage de côt (le vrai nom du malbec, hin !...), de gamay et de cabernet franc, classique de l'appellation Touraine-Amboise (souvent commercialisé sous le vocable "cuvée François Ier"), pourrait bien te faire déclamer des vers du poète Ausone en version originale, à défaut de siffler des verres du dit château !...

A nouveau, tout est écrit.

Profite, lapin, et passe donc le poulet grillé à ton voisin !

 
... et des copains qui débordent !
 
 
Le test de Rorschach ?...

Car que serait la fête sans les copains qui font un peu nawak ?... Est-ce là le sens caché de cette étiquette du Mas du Chêne ?... Luc VIGNAL et Emmanuelle DELON, j'ai déjà parlé ICI de leur cuvée Pinot Chio, tout comme notre bicépale buveur préféré dans un précédent Vendredi du Vin.

Cette cuvée-ci est composée à 100% de cinsault, cépage languedocien longtemps et injustement décrié, et si cher aux papilles de David FARGE qu'il lui consacre une série sur son blog Abistodenas.
 
Grolleau, Cinsault. Même combat. Deux cépages qui ont de l'avenir, tant ils sont appropriés pour produire des jus frais et peu alcoolisés. En un mot : désaltérants !


En rédigeant ces quelques âneries, je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée émue pour Anne, fidèle d'entre les fidèles des Vendredis du Vin, qui nous a quittés brutalement il y a un an de cela... Le 9 mars dernier, elle aurait eu 44 ans. 

J'aurais tant aimé partager ses quelques quilles avec toi, ma copine ligérienne, autour d'un pique-nique au bord de la Vienne ou de la Loire...

"Et si on chopait tous les moments de bonheur", en levant nos verres à sa mémoire ?!

"A la tienne, Anne !"
 
 


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Portrait de Brasseur #4 : la Brasserie Cambier Version imprimable


Jean-Christophe Cambier
est un homme pressé. A tout juste 31 ans, ce passionné de bières "depuis l'âge de 15 ans" vient d'ouvrir à Croix (59) sa "fabrique urbaine de bières artisanales" en janvier 2015.

Je dis pressé, mais ce n'est sans doute pas le bon adjectif. Fonceur sans doute, mais je dirais plutôt méticuleux et cartésien. En un mot, scientifique. Bref, un mec qui sait ce qu'il fait et pourquoi il le fait, avec une âme d'artisan et une sensibilité au produit très marquée. Car s'il y a bien une chose qui m'a frappée en discutant avec lui, c'est bien la logique et la cohérence de son projet !
 

 
Cet ingénieur en agroalimentaire, après une expérience comme technologue (responsable process) dans une grande brasserie industrielle, décide en 2013 de créer sa propre entreprise. Pour ce faire, il approfondit ses connaissances (sur le houblonnage, notamment) en réalisant un stage chez De Ranke à Mouscron (Belgique) puis une formation complémentaire au Lycée Agricole de Douai.

Il prend également contact avec un laboratoire belge, spécialisé dans la fermentation haute, afin que ce dernier élabore une levure spécifique. La levure "Cambier" est née, aux notes fleuries et épicées.

Durant une année, il enchaîne les brassins à la maison pour élaborer ses différentes recettes et peaufine le concept de sa brasserie : une fabrique urbaine de bières artisanales, ouverte au public, comprenant un bar avec vue sur les cuves.
 
 
 
 

 

 
Car il s'agit bien pour lui d'en faire un lieu de découverte et d'éducation sur la fabrication de bières artisanales !
 

Ainsi, il propose le samedi des visites commentées (10h30 et 14h30), suivies de dégustation, qui rencontrent depuis l'ouverture un franc succès. Et Jean-Christophe de se réjouir de la curiosité des visiteurs : "les gens sont preneurs d'infos, ils ont de plus en plus envie de savoir d'où vient le produit et comment il est élaboré".


Son credo est donc la transparence : alors que la majorité des brasseurs garde jalousement secrètes leurs recettes, Jean-Chritophe indique énormément d'informations sur ces étiquettes : style de la bière, degré alcoolique, ingrédients, IBU ("taux d'amertume")...
 

Et pour le coup, les ingrédients sont plutôt classiques, partant du principe que "les recettes les plus simples sont souvent les meilleures".

Pour commencer, Jean-Christophe a élaboré une série de 4 bières blondes, commercialisées dans tous les formats (33cl, 75cl et fûts), sous le nom de MONGY, en référence à Etienne Mongy, le concepteur du réseau de tramway Lille-Roubaix-Tourcoing.
 
 
La MONGY blonde, fraîche et désaltérante, au nez fin et délicat, à la fois floral et épicé.
 
 
La MONGY blonde "houblonnée", à mi-chemin entre la blonde et l'IPA.
 
 
La MONGY Triple, puissante et aromatique, au nez à la fois fruité, épicé et terreux.
Cette bière a reçu une médaille d'argent au Concours Général Agricole 2015.
 


La MONGY India Pale Ale, amère et très aromatique,
au nez complexe, à la fois floral et fruité (agrumes).

 
En découvrant son magnifique verre, on saisit d'autant plus le lien étroit entre brasseur artisanal et vigneron indépendant !

Conclusion : j'ai été bluffé par le niveau des bières. en particulier leur finesse et leur précision aromatique. Gustativement, les bières sont "sèches", mais Jean-Christophe conserve néanmoins quelques sucres résiduels pour ne pas trop faire ressortir l'amertume. La levure spécifique employée apporte une réelle signature à l'ensemble de la gamme. Les houblons utilisés ne sont pas dans un style "surexpressif", ce qui me plaît beaucoup, ils apportent au contraire de l'équilibre et de la fraîcheur au produit.

Avec des débuts aussi prometteurs, on attend avec impatience la suite de ses aventures !
 
Brasserie Cambier
Bâtiment M - 2 rue Jean Monnet
59170 CROIX
Tél. 09 67 37 28 19
 


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