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Le p'tit blanc sans col
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Lundi 01 Décembre 2014

Vendredi du Vin #71 : Le GRAS, c'est la VIE !

Et avec le foie gras, vous boirez bien autre chose que du Sauternes ?...

En ce dernier vendredi de novembre, David Farge du blog Abistodenas nous invitait à célébrer le GRAS (car c'est la VIE) : "Ce mois-ci, mettez vos cellules adipeuses en émoi, partez en quête de votre grassouillet liquide favori, et capitalisons ensemble, avant que l'hiver ne vienne s'attaquer à nos réserves."

Hasard de calendrier, j'ai animé il y a 15 jours une dégustation sur les accords avec le FOIE GRAS, comme en témoigne cette photo :


 
Point de Sauternes, de Monbazillac ou encore de Vendanges Tardives alsaciennes... mais quelques alternatives, parmi d'autres !

Car enfin, pourquoi diable les français associent-ils des vins sucrés avec du gras ?!...  La réponse est historique, et non gastronomique : jusqu'au début du XXème siècle, semble-t-il, le foie gras était consommé comme "entremet" après le plat principal, avant le fromage ou le dessert. Du coup, dans l'ordre de service des vins, il était pour le coup logique d'y associer un vin sucré.

Mais, à présent, avec le foie gras servi généralement en entrée, il est bien dommage de l'arroser d'un vin liquoreux, qui ne fera que vous empâtez la bouche et vous ramollir les papilles !

AVEC LE FOIE GRAS, OSEZ LES ACCORDS AUDACIEUX !!!


Un cidre gastronomique, par exemple, de la maison normande Dupont, affiné 6 mois en fût de calvados !
 

 
Envie de bulles ? Je vous recommande vivement un vieux champagne blanc de blancs aux arômes de fruits secs et de truffe...
 

 
Et pourquoi pas un vin blanc sec, mais avec du gras, comme ce Jurançon sec "La Canopée 2010" du Domaine Cauhapé (100% petit manseng récolté en surmaturité en novembre, titrant 14,5% vol.).

Ou un vin jurassien du Château d'Arlay (plus ancien château viticole français) mêlant chardonnay et savagnin. Vous aimez les vins oxydatifs ? Faîtes-vous plaisir avec un savagnin sous voile, ou même un vin jaune !
 
Ou encore un Alsace Grand Cru Osterberg 2010 du Domaine Mittnacht Frères magnifiant les notes épicées du Gewurztraminer, mais sans la lourdeur d'une vendange tardive. 

En redescendant la Loire, arrêtez-vous du côté de Vouvray, avec ces Grives Saoûles 2009, vin 1/2 sec 100% chenin, produit par le tandem Perrault-Jadaud. 

En vacances sur l'île d'Oléron ? N'oubliez pas de ramener un vieux Pineau du Domaine Favre & Fils !
 

 
Vous préférez la Méditerrannée, allez donc du côté de Maury au Mas Karolina !
 

 
En fait, non, gardez plutôt cette belle bouteille pour le dessert (ou le digestif) car tous les convives furent d'accord : définitivement, un vin trop sucré s'associe mal avec le foie gras.

Vous l'aurez donc compris : un joli cidre, des vins blancs secs avec du gras et de la profondeur avec quelques années de cave, des vieux vins effervescent, des vins 1/2 secs, des vins mutés pas trop sucrés sont autant de jolis accords avec le foie gras !

Et pour les adeptes des vins rouges, préférez des vins rouges puissants mais avec quelques années de vieillissement, afin que les tanins soient parfaitement fondus, et que le vin commence à présenter des notes "tertiaires" (sous-bois, champignons...). Evitez donc un vin rouge trop léger ou trop tannique !

Et si vous tenez absolument à boire un vin liquoreux type Sauternes ou Monbazillac, je vous conseille de déguster votre foie gras en fin de repas, et d'y associer un vieux vin, qui développera des arômes tertiaires (et dont le sucre sera réellement "intégré"). Et quitte à rester sur un vin moelleux, je vous invite également à privilégier des vins à base de cépages qui ont davantage d'acidité que le sémillon (cépage principal des Sauternes et Monbazillac), comme le chenin (Coteau-du-Layon, Vouvray, Montlouis...) ou le petit manseng (Jurançon, Pacherenc du Vic Bihl, Côtes de Gascogne...).

Alors, à vos terrines, à vos tire-bouchons, dégustez !
 
 


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Eric Leblanc - 18:40 - rubrique Vendredis du Vin - Version imprimable - Permalien - 2 commentaires - Lu 234 fois

Vins, Bières, Rebelles et Les Vins du Coin

LES DEUX SALONS à ne pas rater en décembre !

Les fêtes de fin d'année approchent, et avec elles, les promesses de bonne tablée et de plaisirs hédonistes catégorie poids lourd.

C'est aussi du coup l'avénement des derniers salons des vins, l'occasion rêvée pour faire quelques emplettes pour vos repas de fêtes (vos autres achats, soyez sympas, faîtes-les chez votre caviste et pas dans les pousse-caddies !...).

Pour ceux qui résident dans mes terres d'adoption (le Nord de la France) ou dans mes terres d'origine (le Val de Loire), je vous invite à ne surtout pas rater deux excellents salons à venir !!! Avec dégustations, bien sûr, mais aussi conférences, concerts, rencontres...
 

Le salon "Vins, Bières, Rebelles", organisé par le trio Nicoletta Dicova, Jean Hummler et Patrick Böttcher,  se déroulera le dimanche 7 et le lundi 8 décembre sur le site de Tour & Taxis de l'Hôtel de la Poste. Il réunira 81 vignerons (principalement italiens), 13 brasseurs "rebelles" ainsi que d'autres acteurs du secteur.

"Nous voulons que ce salon soit un lieu de rencontre, de partage et de découverte entre deux mondes amis et interconnectés : celui du vin naturel et de la bière rebelle. Ce qui réunit ces deux mondes, c'est la philosophie des personnes qui se battent pour leur idéal derrière les bouteilles, qu'elles fassent du vin ou de la bière".

Retrouvez toutes les informations sur www.vinibirreribelli.net

 

 
L'association Les Vins du Coin fête ses 10 ans ! Elle rassemble 25 vignerons entre Loir et Cher engagés dans un même élan : celui de produire des vins honnêtes et... buvables. Des vins qui ressemblent à l'endroit d'où ils viennent.

Dans ce groupe, il y a des fils de paysans, des ex-citadins, des installés depuis 25 ans et d’autres depuis avant-hier, des vignobles de 3 à 20 hectares. Certains ont la fibre jardinière, d’autres sont plus vinificateurs. Mais tous ont conscience que la terre ne nous appartient pas et qu’il faut la respecter pour pérenniser leur métier. Tous sont prêts à prendre des risques pour produire de beaux raisins et les accompagner en cave pour qu’ils soient le reflet d’un endroit et d’une année. Ce sont ces valeurs et ce savoir-faire qu’ils ont envie de vous faire découvrir les samedi 6 et dimanche 7 décembre 2014 à Fossé (à 12 minutes de Blois). Pour cette édition anniversaire, chaque vigneron de l’association invite un autre producteur de cette « pure joie liquide » de la Loire viticole, de l’Auvergne au Muscadet. Leurs vins répondent aux mêmes critères : raisins issus de l’agriculture biologique, vendanges manuelles, pas de chaptalisation ni d’acidification, 40 à 50 mg de SO2 total maximum.

Retrouvez ICI le communiqué de presse de l'événement.

Site de l'association : www.lesvinsducoin.com

Le week-end prochain, vous ne pourrez pas dire que vous ne savez pas quoi faire (NB aux parisiens : vous êtes au milieu, faîtes votre choix) !

 



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Eric Leblanc - 17:10 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires - Lu 93 fois

Lundi 10 Novembre 2014

Salon des Vignerons Indépendants LILLE 2014

Les bonnes adresses du P'tit Blanc sans Col !

 
 
Le Salon des Vins des Vignerons Indépendants de Lille aura lieu du 14 au 17 novembre 2014 au Grand Palais (Hall Paris/Bruxelles).

Pour bien préparer votre visite, Le P'tit Blanc sans Col vous livre ses bonnes adresses. J'ai sélectionné pour vous quelques domaines par grandes régions viticoles (comme répertoriées sur leur site Internet), que je vous conseille chaudement de découvrir. Il va sans dire que cette liste ne prétend en rien à l'exhaustivité (je ne connais qu'une petite partie des vignerons présents), sans même parler de son caractèrement totalement subjectif (puisqu'il s'agit évidemment de mes goûts).

Alsace - Est :
Domaine Mittnacht Frères (AB) - B10
Alsace, Alsace Grand Cru, Crémant d'Alsace

Bordelais - Aquitaine : 
Vignobles Rousseau (Terra Vitis) - F24
Bordeaux Supérieur, Lussac Saint-Emilion, Lalande de Pomerol

Bourgogne - Beaujolais :
Domaine Bertrand Machard de Gramont - D32
Nuits-Saint-Georges, Vosne-Romanée, Bourgogne

Domaine Sorin-Coquard - D17
Bourgogne Côtes d'Auxerre, Aligoté, Saint-Bris

Cognac - Charentes :
Cognac Paul Giraud - C44

Savoie - Jura :
Domaine Jacques Tissot - D34
Arbois, Arbois-Pupillin et Côtes du Jura

Domaine de la Pinte (AB) - D28
Arbois, Arbois-Pupillin, Crémant du Jura, Macvin

Languedoc-Roussillon : 
Domaine des Homs (AB) - E32
Minervois

Mas de Daumas Gassac - H13
Vin de Pays de l'Hérault

Mas Amiel - C55
Maury, Côtes du Roussillon 

Domaine Gardiès (AB) - F51
Côtes du Roussillon, Rivesaltes, Muscat de Rivesaltes

Domaine Cazes (AB) - D48
Rivesaltes, Muscat de Rivesaltes, Côtes du Roussillon 

Provence - Corse :
Château Henri Bonnaud (AB) - H25
Palette

Domaine Leccia (AB) - C46
Corse et Patrimonio

Château Pradeaux - B31
Bandol

Domaines Bunan (AB) - D10
Bandol et Côtes de Provence

Sud-Ouest - Armagnac :

Domaine l'Ancienne Cure (AB) - E28
Bergerac, Monbazillac, Pécharmant

Mas del Périé (AB) - D47
Cahors

Clos Triguedina - J47
Cahors

Château d'Aydie - E7
Madiran et Pacherenc du Vic Bilh

Domaine Cauhapé - G10
Jurançon

Val de Loire - Vendée :
La Tour Saint Martin / Le Claux Delorme - G40
Menetou-Salon, Valençay, Touraine

Clos des Quarterons - Amirault
(AB) - H18
Saint-Nicolas de Bourgueil, Crémant de Loire

Château de l'Aulée - A24
Crémant de Loire, Touraine-Azay-le-Rideau, Chinon

Domaine de la Châtaigneraie - A51
Vouvray

Domaine Mesliand (AB) - A2
Touraine-Amboise

Domaine Jean-François Mérieau - J20
Touraine

Domaine des Huards (AB) - F63
Cheverny et Cour-Cheverny

Domaine de l'Epinay (AB) - H49
Muscadet, IGP Val de Loire

Domaine Bonnet-Huteau (AB) - H24
Muscadet

Domaine Landron (AB) - D3
Muscadet

Domaine Bruno Cormerais
- E16
Muscadet

Domaine Cady (AB) - E57
Coteaux du Layon, Anjou, Rosé de Loire, Cabernet d'Anjou

Château du Breuil 
- A36
Coteaux du Layon, Anjou, Savennières

Château de Tracy - F7
Pouilly-Fumé

Vallée du Rhône :
Domaine des Favards - E31
Côtes-du-Rhône

Domaine Usseglio Raymond & Fils - B19
Châteauneuf-du-Pape

Retrouvez également certains de ces vignerons dans l'article consacré à l'édition 2013.

Je vous souhaite une excellent salon, puisse-t-il être riche en belles rencontres et en délicieuses découvertes ! N'hésitez pas à me faire part de vos impressions dans les commentaires (et partager également vos bonnes adresses) !

 


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Eric Leblanc - 19:15 - rubrique Chroniques bachiques - Version imprimable - Permalien - 3 commentaires - Lu 516 fois

Jeudi 06 Novembre 2014

Tirer le groslot #1 : Un p'tit goût de revins-y !

Dans la famille des cépages trop longtemps méprisés et aujourd'hui en cours de réhabilitation, le blogueur soucieux de contribuer (à sa modeste mesure) à la dite réhabilitation n'a malheureusement ou heureusement (question de point de vue) que l'embarras du choix, tant nombre de cépages ont été abandonnés ou oubliés avant d'être repris (ou pas) en considération.

Tandis que Michel Smith (blog Pour le Vin) défend depuis fort longtemps le carignan jusqu'au point de présider l'association Carignan Renaissance, le toulousain David Farge (blog d'Abistodenas) se pose en cinsault(veur) de cet autre cépage languedocien si longtemps décrié.

Eux sont sudistes, moi ligérien. Chacun ses tares.

J'ai donc décidé de consacrer une série au mal-aimé Groslot (plus souvent orthographié grolleau).

En France, la culture de ce cépage noir est en régression : 2 201 hectares en 2004 contre 11 400 en 1958. Elle est surtout concentrée dans la Vallée de la Loire, et plus spécifiquement en Anjou et en Touraine. On trouve aussi un peu de grolleau gris en Anjou, Vendée et Loire-Atlantique. Le grolleau blanc, quant à lui, a été signalé dans l'aire d'appellation des Coteaux-du-Layon (source Wikipédia).

Originaire de Touraine, c'est un cépage productif (jusqu'à 120 hl/ha si l'on veut bosser comme un cochon), qui donne des vins légers et peu alcoolisés. On lui attribue une bonne dizaine de synonymes comme pineau de Saumur, gamay de Châtillon (à Savennières), etc.

Son nom viendrait du vieux français grolle qui signifie la corneille aussi noire que ce raisin.  Il fait partie de l’encépagement des appellations Touraine, Rosé de Loire, Crémant de Loire, Anjou et Saumur mousseux et Rosé d’Anjou. 

Il est le plus souvent vinifié en rosé. Comme par exemple dans l'appellation Touraine-Azay-le-Rideau, où il représente au minimum 60% de l'assemblage. Je vous parlerai prochainement en détail de cette AOC qui produit uniquement des vins rosés ainsi que des blancs (à base de chenin).

Malgré donc cette forte régression des surfaces plantées, au profit du cabernet franc et du gamay, cépages considérés "plus nobles", plusieurs études récentes ont "démontré que le grolleau avait un fort potentiel de développement, tant pour des vins rosés fruités et légers que pour des rosés plus complexes et concentrés, et également pour des rouges en assemblage avec le cabernet franc. Les atouts du grolleau noir sont un faible degré alcoolique naturel à maturité et une palette aromatique florale et fruitée, caractéristiques recherchées dans la conjoncture actuelle".

S'il se voit donc réhabilité en rosé ou en assemblage en rouge, un vin rouge 100% grolleau ne bénéficie aujourd'hui d'aucune appellation. D'où la mention "Vin de France" de cette bien-nommée cuvée "Revins-y" de Pascal et Christine Pibaleau.


Rendons à César ce qui appartient à César, l'appellation Touraine-Azay-le-Rideau doit beaucoup à ce talentueux couple de vignerons, qui a largement contribué à la tirer vers le haut.

Le domaine a vu le jour en 1886. Il est resté depuis une entreprise familiale où les générations se succèdent, se consacrant uniquement à la vigne et au vin. La propriété représente aujourd'hui 12 hectares de vignes conduites selon une culture biologique et biodynamique.

 
Ce vin de soif par excellence, idéal pour saucissoner entre copains,
confirme le désormais célèbre dicton de mon cru :

"si le grelot fait gling-gling, le groslot fait glougou" !
 
 


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Eric Leblanc - 18:56 - rubrique Chroniques bachiques - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires - Lu 173 fois

Mardi 04 Novembre 2014

Moules, frites et jambon blanc @ La Cantine (Pérenchies)

Interview du taulier, David Deltombe

"Entre bar-brasserie traditionnelle et bar à vins (et bières et spiritueux), la frontière ne demandait qu'à être franchie. La Cantine réunit les deux univers autour d'une même table. Lieu convivial, familial, la cantine se veut un espace de rencontre autour d'un bon verre" dixit David Deltombe, le nouveau propriétaire depuis le 9 octobre 2014. 

Rencontre avec ce sympathique taulier aux lunettes improbables.
 

Parle-nous un peu de ton parcours ?


Technicien de labo en sortant de l'école, j'ai tout de suite travaillé dans le milieu brassicole (Interbrew, Heineken). Puis l'envie de produire m'est venue et j'ai travaillé pour les 3 Brasseurs sur Dunkerque et Calais. Etant passionné par le vin et les spiritueux, j'ai souhaité approfondir mes connaissances et les techniques de ventes, en me formant au métier de caviste. J'ai alors travaillé à La Vignery, sur Marquette-lez-Lille et Seclin. Et enfin, avant de reprendre La Cantine, j'ai travaillé pour un "brasseur" comme on dit dans le Nord, un établissement qui vend bières, vins et spiritueux aux particuliers et aux professionnels CHR. 

Comment est né ce projet ? Pourquoi as-tu repris ce bar/brasserie à Pérenchies ?

L'occasion fait le laron comme on dit !!! Du projet initial, trop ambitieux aux yeux des banques, la reprise d'un établissement type bar/brasserie a naturellement découlé des difficultés que l'on peut rencontrer lors d'une création ou d'une reprise d'un fonds de commerce. Pérenchies est une ville-village, avec une ambiance générale très conviviale. Elle m'a très bien accueilli. Ce n'est pas tout à fait le fruit du hasard si je suis ici, et mon choix s'avère bon.

Parle-nous du concept de ton établissement, "entre bar/brasserie et bar à vins" ?


J'aime les ambiances bar et brasserie. Ici, la clientèle est une grande famille, tout le monde se dit bonjour, se serre la main... La convivialité qui règne dans cet établissement est tout à fait ce que je cherchais. Le bar à vin (et à bière et à spiritueux) vient en complément. On a rarement dans ce genre d'endroit l'habitude de voir autre chose que Leffe ou Jupiler, à savoir une cave remplie de flacon inconnue et des spiritueux non-présents dans les rayonnages des grands magasins (pour la plupart !). J'apporte ici ce que l'on trouve plus facilement au coeur des grandes villes et qui est souvent réservé à une certaine clientèle. Ici, à Pérenchies, je n'imaginais pas pouvoir si rapidement intéresser autant de personnes. Ça commence à faire son petit bonhomme de chemin. Les gens osent essayer, aiment ou pas, mais là aussi l'accueil est bon.

Comment as-tu construit ta gamme de vins ? Comment souhaites-tu la faire évoluer ?

Mes vins sont à l'image de La Cantine : conviviaux ! La plupart de ma gammme est constitué de vins de vignerons-amis. La qualité d'un vin passe aussi par le vigneron. Je m'explique : le vin peut être le meilleur du monde, mais si le vigneron n'a pas cette petite étincelle au coin de l'oeil quand il en parle, il me manque quelque chose. Ce n'est pas simplement une question de produit, mais d'Homme aussi. Je ne presente pas les vins dont tout le monde parle dans les magazines, mais qui ont une histoire (que j'aime autant partager que le vin lui-même). Comme je le disais, un vin a une histoire : il naît, on l'élève, puis le temps le change, le fait évoluer. Derrière tout ça, il y a un terroir constitué d'un sol, d'un climat, d'un millésime, de raisins et d'un homme ou d'une femme. L'évolution de cette gamme se fera parallèlement aux rencontres que je ferai !


Un jambon blanc, l'accord parfait avec des moules-frites...

On trouve une sélection pointues de bières et de spiritueux (notamment de whiskies), plutôt atypiques dans un lieu comme le tien. Dis-nous en plus !


Ah la bière... la bière ! Je suis du Nord, on ne se refait pas ! Depuis ma sortie de l'école, je n'ai, pour ainsi dire, jamais quitté ce produit. Analyse, vente, production et bien sûr dégustation, je l'aime ce produit. Il est merveilleux, et je veux lui rendre ces lettres de noblesse. On peut penser que c'est facile de vendre de la bière aux nordistes, et bien je vous assure que non ! Il est plus simple de faire découvrir de jolis produits à des néophytes ! Les consommations sont très HABITUELLES dans le sens routinier du terme ! Quatre bières sont proposées à la pression : Jupiler, Leffe, Anosteké, Cuvée des Trolls. Et bien, il est très difficile de changer les habitudes : Jupiler et Leffe sont les best-seller, mais je n'ai pas dit mon dernier mot. Non pas que je critique la qualité des produits mais l'habitude est plus dure a combattre que l'ignorance ! Quand on ne connaît pas, on se rabat souvent sur ce que l'on connaît, par facilité ou pour se rassurer, je ne sais pas !


Anosteké : traduction phonétique de "tot anoste keer", expression flamande signifiant "à la prochaine". Une bière au caractère bien houblonné de l'excellente Brasserie du Pays Flamand


Punk IPA de la brasserie écossaise BrewDog,
l'une des bières atypiques à découvrir...

En spiritueux, c'est un peu pareil, les produits choisis sortent de l'ordinaire et chaque bouteille vidée sera remplacée par une autre référence, histoire de faire changer les habitudes. Ce choix d'éclectisme a pour but de partager autour d'un produit, entre les amateurs et moi-même (et d'en apprendre autant de leur part). Du partage et de la convivialité !

Ton coup de coeur du moment en vin ?

C'est difficile à dire et à choisir, mais bon il faut bien se jeter à l'eau ! La cuvée Constance blanc en Bourgogne Chitry de chez Olivier Morin. Je profite que cet extraordinaire vigneron ne soit pas encore trop connu pour avoir ses vins en gamme. Une finesse, une justesse, une précision dans l'équilibre, les arômes et la texture de ce blanc. Un bourgogne générique qui devrait à mon sens passer en cru, au même titre que le Chablis ou l'Irancy de la même région.

Ton coup de coeur du moment en bière ?

Encore plus dur, mais si je dois être vrai avec moi-même, je dirais la Orval. Une trappiste atyique, pour les amateurs, vraiment pour les amateurs. Ce que je dis n'est pas commerçant mais j'ai du mal à lâcher un de ces flacons à des amateurs non-avertis. C'est peut être la trappiste la plus authentique qui soit à mon goût. Le fait de la vendre vieillie (2 ans) lui confère des arômes extraordinaires, d'une complexité difficilement égalable (si ce n'est certaines gueuzes vieillies). Bref, un monument de la bière belge !

Ton coup de coeur du moment en whisky ?

Incontestablement Glen Keith 1993 19 ans 46% de Coopers Choice. Nez partagé entre le panier de fruits d'automne et la bruyère verdoyante des prairies écossaises. Sa droiture et sa texture, sa douceur et son intensité aromatique. Nez et bouche en harmonie et sa finale douce et longue. Il se suffit à lui même, mais des accord en finesse sur une pomme au four, ou une poëlée de poires au beurre demi-sel... Une fois la bouteille finie, elle sera remplacée par autre chose (comme la plupart de ses "copines" de la gamme) !


Prévois-tu d'organiser des dégustations ?

C'est prévu et dans l'ordre des choses, je pense !

Prévois-tu de développer un côté "cave" ?

Oui, certainement. Je vais m'y coller afin que les produits puissent se déguster ailleurs qu'à La Cantine !

Quels sont les premiers retours des clients habitués à la précédente équipe ?

Ils reviennent, c'est le plus beau des compliments, non ?!

Quels sont tes projets ?

Des vacances, un jours peut-être !!!... Non, je rigole. Nous avons bien demarré, j'espère pérenniser ce démarrage et faire encore évoluer le tout : clientèle, gamme, plats, évènements...

 

La Cantine
8 rue Edouard Agache
59840 Pérenchies
03 62 52 41 23
www.lacantine-perenchies.fr
 


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Eric Leblanc - 19:23 - rubrique Du Miam et du Glou ! - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires - Lu 463 fois

Quand la RVF évoque la "Renaissance des Vins de Chinon"...


Comment vous dire ?...

De prime abord, cet article m'a vraiment énervé.

Et c'est reparti pour l'énième refrain de la "belle endormie", sorte de poncif en forme de marronnier que les journalistes (parisiens, mais pas que) aiment bien employer pour caractériser ma Touraine natale, qu'il s'agisse de sa capitale ou nombre de ses appellations viticoles...

Et allons-y pour le couplet sur Charles VII, Jeanne d'Arc et Rabelais, en guise d'introduction...

Et de sembler découvrir que l'on produit de très grands vins à Chinon. Et pas que des cuvées sur le fruit, mais aussi des grands vins de garde...

Et où j'apprends que "les vins offrent des profils typés en monocépage ou au travers d'assemblages (cabernet franc et cabernet sauvignon)". Quoi ? Du cabernet sauvignon au royaume du breton (nom local du cabernet franc) ???... Bon OK, un bon point pour le journaliste Jean-Emmanuel Simond, j'apprends en lisant le cahier des charges de l'AOP que le cabernet sauvignon est effectivement accepté en cépage accessoire. Néanmoins, à ma connaissance, aucun vigneron n'en plante (mais ceci est un détail).

Comment vous dire ?...

Ce terme de "Renaissance" m'agace profondément.

Comme si des vignerons tels que Bernard Baudry, Philippe Alliet, Jérôme Lenoir, Etienne de Bonnaventure ou Pascal Lambert - pour ne citer que ceux-là - ne s'évertuaient pas depuis des années (voire des décennies) à magnifier le cabernet franc, pour le plus grand plaisir des amateurs...

Est-ce à dire que quelque chose n'existe qu'à partir du moment où le regard - en l'occurence des journalistes et critiques - se pose dessus ? Si la nuit, on ne lève pas les yeux au ciel, les étoiles ne brillent-elles pourtant pas ?...
 
 
Heureusement, on est quelques-uns à ne pas avoir attendu cette reconnaissance tardive pour en planquer au fond de la cave... ;-)

Puis, une fois l'agacement passé, j'ai lu en détail l'article, dont je partage finalement l'analyse lucide :

"Chinon a longtemps mal géré sa notoriété. Comme à Chablis, à Pommard et dans d'autres appellations connues du pays, certains propriétaires s'étaient assoupis au fil des ans, se laissant porter par la réputation du lieu, se contentant de vins très moyens. Le grand cépage cabernet franc était régulièrement défiguré par les rendements, les vins s'élaboraient à partir de raisins imparfaitement mûrs...".

Et de poursuivre : "Par chance, les choses évoluent. Depuis quelques temps, une génération de jeunes vignerons ambitieux (Bertrand Sourdais, Johann Spelty...), élevée aux côtés des domaines de référence (Bernard Baudry, Charles Joguet, Philippe Alliet...), sonne le réveil de l'appellation. Les conversions à l'agriculture biologique se multiplient, après des décennies d'excès dans le traitement des sols à coups de produits de synthèse".

Le palmarès regroupe la très grande majorité des bons faiseurs de l'appellation, qu'ils fassent parties des "domaines de référence" (Baudry, Alliet, Coulaine, Joguet...), des "outsiders" (Nicolas Grosbois, Fabrice Gasnier, Bertrand Sourdais, Jean-Max Manceau...), des "tendance nature" (Frédéric Sigonneau, Pascal Lambert, Jaulin-Plaisantin, Catherine et Pierre Breton...). Auxquels j'ajouterais volontiers Marc Plouzeau du Château de la Bonnelière et le tiercé gagnant du Domaine Alcofribas.

Autre intérêt de l'article, l'attention portée aux chinons blancs mérite d'être souligné.

Enfin, ceux qui ont eu la chance de déguster un Clos de la Dioterie 1989 ou Les Picasses 1990 ne peuvent que se réjouir des focus consacrés aux domaines "historiques" Charles Joguet et Olga Raffault, pour lesquels on peut réellement parler, pour le coup, de "renaissance". Le premier depuis qu'Anne-Charlotte Genet et Kevin Fontaine ont pris les rênes du domaine, il y a 7 ans. Le second depuis que Sylvie, la petite fille de la fameuse Olga Raffault, est revenue au domaine en 2000, secondée par son mari Eric de la Vigerie.
 

Tout comme ceux consacrés au "rayassien" Jérôme Lenoir, aux "outsiders" Bertrand Sourdais et Johann Spelty, et au "naturiste" Frédéric Sigonneau.

Bref, il y autant de Chinons que de terroirs différents et de vignerons talentueux !

Le Chinon, c'est bon, buvez-en !

Et comme disait Rabelais : "Jamais homme noble ne haït le bon vin".

 


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Eric Leblanc - 11:28 - rubrique Chroniques bachiques - Version imprimable - Permalien - 3 commentaires - Lu 747 fois

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