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Le p'tit blanc sans col
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Mardi 06 Janvier 2015

Brasseurs du Nord #1 : la Brasserie du Pays Flamand

Le houblon fait la force !

Pour bien débuter l'année 2015 (recevez mes meilleurs voeux !), voici le premier billet d'une série consacrée au brasserie du Nord de la France, en vous présentant l'une de mes préférées : la Brasserie du Pays Flamand !

En débarquant il y a quelques années chez les Ch'tis, j'ai découvert peu à peu, et avec délectation, la richesse et la variété des bières régionales. Après avoir été à la traîne comparativement aux régions Rhône-Alpes ou Bretagne, on assiste en effet à l'émergence d'une nouvelle génération de brasseurs artisanaux dans le Nord-Pas de Calais et la Picardie, renouant ainsi avec leurs racines, leur terroir et une histoire riche. Mathieu Lesenne et Olivier Duthoit, les deux co-gérants de la Brasserie du Pays Flamand en font indéniablement partie !

Mais avant de vous parler en détail de cette jeune brasserie dynamique, un rappel historique s'impose...

La production brassicole en France début XXème

Il faut se souvenir d'abord que la France, à la veille de la Première Guerre Mondiale, avait deux régions brassicoles :

- Le Nord, avec ses cinq départements : le Nord, le Pas de Calais, la Somme, l'Aisne et les Ardennes qui, à eux seuls, représentaient 70% de la production française de l'époque.

Les bières sont fortes (entre 5 et 10% vol. alcool) et la production est marquée par son extrême variété. Pratiquement chaque petite brasserie a sa bière à elle avec ses caractéristiques propres et les grandes brasseries sortent des qualités très typées. Les bières sont, à de rares exceptions près, à fermentation haute, "d'un goût tout spécial, [...] agréables et très appréciées des consommateurs. Certains brasseurs fabriquent aussi en Hiver des bières spéciales. Ces dernières se distinguent en ce qu'ells sont plus fortes, fabriquées avec un malt spécial et du houblon fin. Quelques brasseurs ajoutent aussi à ces bières un peu de coriandre, plante aromatique qui a pour but, disent-ils, de donner un cachet spécial". (De la saveur de la bière - Le Nord Brasseur, 15 juillet 1923).

- L'Est où, rappelons-le, l'Alsace et la Lorraine étaient sous l'emprise de l'Allemagne, les types de bières fabriqués étaient pratiquement semblables à ceux de l'Allemagne. Après la 1ère Guerre Mondiale, la question s'est posée de reconstruire à l'ancienne ou investir en fermentation basse et produire des bières très différentes des productions antérieures.

Après de nombreuses réflexions, l'idée vint de produire des bières de fermentation mixte, à savoir la première fermentation en cuves en fermentation basse, sans garde et la deuxième fermentation en fûts. Cette manière d'opérer permettant par la fabrication de bières spéciales de mettre sur le marchés des bières qui restaient au goût du consommateur du Nord.

Selon Monsieur Léon BALLAT (ancien directeur de production d'une brasserie, historien et conteur de la bière et plus spécialement des bières spéciales du Nord-Pas de Calais), c'est "rapidement décrit ainsi qu'est née la bière spéciale qui fût admise par tous les brasseurs de nos régions. De très nombreuses étiquettes de bière témoignent de cette période".

Brasserie-malterie coopérative du XXème Siècle (Cambrai - 59)

La tradition brassicole dans les Flandres françaises
 
En arrivant à la Brasserie du Pays Flamand, je suis reçu par Mathieu Lesenne, l'un des deux co-gérants. Nous débutons notre entretien en évoquant le passé brassicole de la Flandre française, sujet qui le passionne (et en sirotant une bonne bière, ce serait fâcheux de se déshydrater...).
 
 
Comme son nom l'indique, cette brasserie est située à Blaringuem à la frontière de la Flandre française et de l'Artois, dans la partie "flamingante" (de langue flamande).
 

Mathieu m'explique qu'avant-guerre, chaque village avait sa propre brasserie (on recensait plus de 1900 brasseries en 1930 dans le Nord, et seulement une vingtaine en 1980) sur le modèle que les américains nomment aujourd'hui "farm house ale". Chaque agriculteur produisait sa propre bière, principalement pour étancher la soif des ouvriers agricoles. A l'époque, on ne brassait que pendant l'hiver (pas de froid industriel) : on récoltait l'orge et le houblon en août, le maltage avait lieu en septembre/octobre et, après le brassage, les bières refermentaient en bouteille, la période de garde se faisait durant la période hivernale.

Après guerre, on assiste à une reconversion et à une concentration de l'appareil productif. C'est l'époque des "brasseurs", marchands de charbon et négoce toutes boissons.
 
Genèse du projet

"Je suis tombé dans la bière grâce ou à cause de ma grand-mère maternelle" se souvient Mathieu, évoquant la production artisanale de son aïeule agricultrice.

Nés à Hazebrouck, Mathieu et Olivier sont amis d'enfance et développent tous deux à l'adolescence une passion pour la bière ("j'étais plutôt 3 Monts, Olivier plutôt Jenlain"). Ces deux beer geeks spécialité "partage/convivialité", devenus adultes, s'essaient au brassage amateur. Après l'obtention d'un diplôme d'ingénieur-agronome (spécialisé dans la fermentation), Olivier devient ingénieur commercial, tandis que Mathieu effectue une première carrière dans la banque et la finance.
 

En 2005, le technicien et le gestionnaire décide d'associer leurs compétences afin de créer leur propre brasserie. C'est une annonce dans le journal qui produit l'étincelle : la Brasserie Zannekin à Cassel (59) est à vendre. Le projet n'aboutit pas mais les deux continuent à rechercher un local et du matériel. En août 2006, ils élaborent à l'Institut Supérieur d'Agriculture de Lille (qui possède un hall technique avec brasserie) deux recettes qui deviendront la Bracine blonde et la Bracine triple, bières "consensuelles" dans la tradition du Nord-Pas de Calais. Ils commencent à brasser chez leurs copains de la Brasserie Saint-Germain à Aix-en-Noulette (62), bien connue des amateurs de Page 24.

Ils participent en 2006 au FIBA (Festival International de la Bière Artisanale à côté de Cassel) et commencent à faire goûter localement leurs bières. En 2008, ils trouvent leur local, un lieu chargé d'histoire puisque c'était auparavant une distillerie qui a fermé ses portes après la Seconde Guerre Mondiale. Pour le matériel, la chance leur sourit à nouveau puisqu'il trouve une brasserie complète à vendre en Lorraine. L'outil de production, lui aussi, a connu une belle histoire puisque la cuverie date du début des années 1990 et était installée dans une micro-brasserie canadienne, avant d'être importée par ce brasseur lorrain.
 

La Brasserie du Pays Flamand est née, l'activité démarre réellement, la gamme Bracine est déclinée : blonde, ambrée, blanche, triple et bières de saison (printemps et hiver). En 2009, ils reçoivent une première récompense avec la médaille d'or au Concours Général Agricole pour la Bracine Triple.

En 2010, une nouvelle étape est franchie avec le lancement de l'Anosteké (du flamand "tot anoste keer" qui signifie "à la prochaine"). En premier lieu produite "pour se faire plaisir" (dixit Mathieu), cette bière houblonnée à souhait rencontre un succès grandissant !

Sans être dans une logique de bière IPA (India Pale Ale), mais juste "correctement houblonnée" (re-dixit Mathieu), plusieurs variétés de houblons (amers et floraux) sont utilisés pour son élaboration. Dans la logique du "penser global, acheter local", les malts et les houblons proviennent du Nord de la France. Elle recevra une médaille d'argent au Concours Général Agricole en 2013.

Depuis, la gamme a été déclinée. D'abord la brune en 2011 avec du malt torréfié (dans le style "imperial stout"), rencontre étonnante entre les arômes de cacao et de café et l'amertume du houblon.
 

 
Puis la "cuvée prestige", une bière blonde cuivrée, brassée en pur malt d'orge, de blé et de seigle, lancée en 2014 pour fêter les 5 ans d'existence. Et dernièrement l'Anosteké IPA, très houblonnée, et la "cuvée d'hiver", foncée et épicée, alcoolisée et riche.
 
 
Leur devise : "le houblon fait la force"

Avec l'IPA, très appréciée aujourd'hui par les amateurs de bière notamment dans les pays anglo-saxons, leur but est d'amener le consommateur moyen vers d'autres types de bières avec des personnalités affirmées (à l'instar des gueuzes, par exemple), tout en gardant de l'équilibre (et un haut coefficient de torchabilité).

Le hasard faisant parfois (très) bien les choses, je découvris ce jour-là qu'ils avaient lancé une production de bières vieillies en fûts, sous le nom "Wilde Leeuw" (houblon sauvage), grâce au travail de Clément, un nouveau collaborateur  qui s'est vu confier ce projet expérimental et passionnant dans le cadre de son mémoire de fin d'études.
 

Je déguste d'abord leur bière blonde vieillie en fût de Bourbon, élevée dans 15 fûts de Maker's Mark et Wild Turkey. Pas de doute sur la marchandise, les notes de Bourbon ressortent clairement, ça reste très équilibré, sans lourdeur. Une version "brune" (mélange de Bracine ambrée et d'Anosteké brune) dans les mêmes contenants est également à la vente.
 

Puis le prototype impropable "Nova Vinum", résultant d'un assemblage de moût de bière et de moût de vin (issu de 4 cépages blancs) fourni par le Domaine Poiron Dabin basé à Château-Thebaud (44). NB : ce domaine a planté du berligou, variété "bretonne" de pinot noir, qui a été réintroduit en 2010 par une association de vignerons nantais.
 
J'ai été particulièrement séduit par cette version présentant à la fois une belle vinosité et un caractère très floral.
 

Last but not least, les deux brasseurs me servent leur bracine triple vieillie en fût de bourgogne blanc (dans 4 fûts de grands crus de la Côte de Beaune de la Maison Latour). Le nez s'ouvre sur les arômes caractéristiques de chardonnay bourguignon : fruits à chair blanche, notes beurrées, chèvrefeuille et tilleul. Certainement la version qui m'a le plus enthousiasmé !

Techniquement, la fermentation en barrique se réalise grâce à la flore levurienne présente sur les parois. Un ouillage régulier est nécessaire du fait d'une part des anges importante. Puis, un re-levurage basique est effectué pour la prise de mousse en bouteille. Au final, la bière titre 10,8% alc./vol.

Olivier m'emmène ensuite visiter le chai à barrique où se réalisent de nombreuses expérimentations...
 
 
 
 



 
Hyperactifs un jour, hyperactifs toujours, Olivier et Mathieu se sont envolés pour la Californie pour produire une bière "houblon'ale" collaborative, avec l'équipe de la Mother Earth Brew Co. de San Diego (4 brassins pour un total de 80 hectolitres, dont 20 hectolitres vendus sur le marché français).
 


Une bière triple "bien de chez nous" houblonnée à l'américaine !



C'est beau et c'est bon, l'amitié franco-américaine !


Brasserie du Pays Flamand
425 rue André Plockyn
59173 Blaringhem
Tél. 03 28 41 74 99
Page Facebook
http://www.brasserie-du-pays-flamand.com

  Encore merci à toute l'équipe
pour l'accueil chaleureux et houblonné !


 


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Eric Leblanc - 11:47 - rubrique Chroniques brassicoles - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires - Lu 208 fois

Dimanche 28 Décembre 2014

Champagne (de vignerons) !

J-3 avant la Saint-Sylvestre.

Votre foie à peine remis des excès de Noël, vous voilà prêt à remettre le couvert avec joie et bonne humeur pour fêter dignement le passage à la nouvelle année.

Comme il est de coutume, vous ferez très certainement péter un coup de "champ'" à l'occasion... Et plutôt que d'acheter n'importe quoi en GD ou de lâcher quelques euros de plus à une "Grande Maison" (auto-proclamée), pourquoi n'iriez-vous pas faire un tour chez un caviste pour dégoter quelques jolies flacons de vins de Champagne élaborés par des vignerons indépendants ?! Laissez-le(la) vous guider, c'est son boulot !

Alors, elle est pas géniale mon idée ?!...

Car oui, bien que les "Grandes Maisons" et autres coopératives représentent 90% du volume produit, ce serait bien dommage de faire l'impasse sur les champagnes de caractère élaborés par des vignerons passionnés, qui mettent en valeur et en lumière de magnifiques terroirs !

Allez, pour vous donner quelques pistes, voici le compte rendu d'une superbe dégustation, que j'ai eu le plaisir d'animer en décembre sur ce thème !
 
(ça a envoyé du très lourd, permettez-moi de vous le dire !)
 
 

Champagne Michel Gonet
Grand Cru Brut

Du côté de Mesnil-sur-Oger, la famille Gonet est bien connue dans le monde du Champagne, puisque pas moins de 7 générations de vignerons propriétaires se sont succédées depuis 1802.  En 1973, Michel Gonet quitte le giron familial, se met à son propre compte et s'installe à Avize. Il exploite aujourd'hui 40 hectares de grands crus dans la Côte des Blancs (90% chardonnay, 10% pinot noir) et possède également près de 200 hectares de vignes dans le Bordelais. Depuis 2010, ses vignobles sont en conversion vers l'agriculture biologique et biodynamique.

Dégustation : robe vert jaune. Arômes de fruit à chair blanche bien mûrs, notes beurrées et toastées, très belle persistance aromatique sur les agrumes, finale iodée et salivante.
 


Champagne Suenen
Blanc de Blancs Grand Cru Extra-Brut
  (base 2010 + 2009/2008)
 
Aurélien Suenen a repris en 2009 cette maison familiale fondée en 1905, devenant ainsi la 4ème génération de vignerons à exploiter leurs 5 hectares (3 ha en grands crus sur la Côte des Blancs et 2 ha sur le Massif de Saint-Thierry). Depuis 2013, l'usage des herbicides est proscrit et les vignes sont labourées. Parallèlement, Aurélien Suenen a engagé un travail d'analyse de ses sols, en faisant appel à Claude Lydia Bourguignon.

Dégustation : robe jaune gris, bulles toniques. Nez floral et crayeux. Moins de gras que le précedent mais davantage de tension et de minéralité.
 
 
 Champagne Ulysse Collin (Olivier Collin)
"Les Pierrières"

Blanc de Blancs Extra-Brut
 
Olivier Collin a repris le domaine familial en 2003, après avoir fait ses classes auprès d'Anselme Selosse. Basé à Congy, au sud-est de la Côte des Blancs vers le vignoble sézannais (secteur peu estimé de la Champagne... et pourtant !). Comme son illustre maître l'élevage des vins clairs se fait "sous bois" (12 mois en fût) avant de passer 3 ans sur latte.

Les Pierrières : 1,30 hectare situé à Toulon-la-Montagne, constitué de calcaire et d'onyx (silex noir dans la craie), exposé sud-sud/est.

Dégustation : on monte d'un cran en termes de finesse et d'élégance. Notes de beurre et de noisette, d'épices et d'agrumes. Finale +++. Premier coup de coeur de la soirée !
 


Champagne Jacques Lassaigne (Emmanuel Lassaigne)
"La Colline Inspirée"

Blanc de Blancs Extra-Brut
 
Emmanuel Lassaigne reprend en 1999 l'exploitation familiale, composée de 4,5 hectares sur la colline crayeuse de Montgueux, considérée comme un grand terroir, à quelques kilomètres de Troyes dans l'Aube, baptisée "le Montrachet de Champagne" (excusez du peu). Cette cuvée inspirée est élevée en fût de chêne.

Dégustation : Notes oxydatives, sur le curry. Potentiel de garde de dingue ! Un grand vin de Champagne que je vous conseille de carafer, et de servir sur des gambas sautées aux épices ! Mon coup de coeur de la soirée !
 

Champagne La Closerie (Jérôme Prévost)

"Les Béguines"
Extra-Brut (100% pinot meunier)
 
Tout comme Olivier Collin, Jérôme Prévost a fait ses gammes chez Anselme Selosse avant de s'installer à Gueux, sur la "petite montagne" à l'ouest de Reims. Avec sa parcelle d'un seul tenant, les Béguines, intégralement plantée de pinot meunier, il produit environ 6000 bouteilles par an d'un vin de champagne fantastique travaillé "à la bourguignonne" en fût, ainsi qu'une poignée de flacons d'un superbe rosé.

NB : j'avais eu l'occasion quelques temps auparavant de le rencontrer à l'occasion d'une superbe verticale organisée par les Vignes à Part (encore merci pour cette belle soirée, Yannick Hornez !)


Dégustation : Notes fumées, amande, fruits secs. Vineux et tendu à souhait. La dégustation aux Vignes à Part me fait dire qu'il faut laisser ces vins reposer un peu et laisser le temps révéler leur magie.
 

Champagne Vouette & Sorbée
"Fidèle"
Extra-brut (100% pinot noir)
 
Cette cuvée 100% pinot noir est élaborée par Bertrand et Hélène Gautherot de la même façon que les autres vins du domaine : culture biodynamique (depuis 1998) sur des terroirs du jurassique supérieur champenois, élevage sous bois, chaptalisation exceptionnelle (2001, 15% pour 2004), sulfitage sur vendange uniquement, zéro dosage.

Dégustation : on est loin des champagnes "standards"... Robe d'un jaune d'or cuivré, notes oxydatives et épicées, peu d'effervescence et grosse "vinosité" !
 
 
Champagne Françoise Bedel
"Entre Ciel & Terre" (base 2005)

Extra-Brut (65% pinot meunier, 25% pinot noir, 10% chardonnay)

Le domaine familial (3ème génération) est situé dans la Vallée de la Marne, sur 8,40 hectares argilo et marno-calcaires cultivés en biodynamie. Base 2005, vinifié en cuves, dosage à 2,60 g/l/.

Dégustation : robe d'un jaune d'or pâle, les pinots apportent leur lot de fruits rouges et de vinosité. Encore un grand vin !
 
 
Champagne Francis Boulard
"Les Rachais" 2005

Brut Nature

Francis Boulard et sa fille Delphine quitte la maison familiale (Champagne Raymond Boulard) pour fonder leur propre domaine en 2009 et s'engager sur une conversion en biodynamie. Cette cuvée est issue de vignes de chardonnay plantées sur un terroir siliceux-calcaire sur le massif de Saint-Thierry, élevée en barrique (avec bâtonnages réguliers). Zéro dosage.

Dégustation : un vin tranchant, aux notes poivrées, crayeuses, d'écorces d'orange... pour finir en beauté !

Avec tout ça, si vous ne foncez pas chez votre caviste !...


Où trouver ces vins sur la métropole lilloise ?

Aurélien Suenen, Ulysse Collin : La Cave de Jules (La Madeleine)
Jacques Lassaigne : Monsieur Vin (Lomme, Marcq-en-Baroeul, Mouvaux)
Françoise Bedel : Biovino (Lille)
Vouette & Sorbée : Biovino, Au Gré du Vin (Lille)
Francis Boulard : Biovino
 


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Eric Leblanc - 20:41 - rubrique Chroniques bachiques - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires - Lu 317 fois

Lundi 01 Décembre 2014

Vendredi du Vin #71 : Le GRAS, c'est la VIE !

Et avec le foie gras, vous boirez bien autre chose que du Sauternes ?...

En ce dernier vendredi de novembre, David Farge du blog Abistodenas nous invitait à célébrer le GRAS (car c'est la VIE) : "Ce mois-ci, mettez vos cellules adipeuses en émoi, partez en quête de votre grassouillet liquide favori, et capitalisons ensemble, avant que l'hiver ne vienne s'attaquer à nos réserves."

Hasard de calendrier, j'ai animé il y a 15 jours une dégustation sur les accords avec le FOIE GRAS, comme en témoigne cette photo :


 
Point de Sauternes, de Monbazillac ou encore de Vendanges Tardives alsaciennes... mais quelques alternatives, parmi d'autres !

Car enfin, pourquoi diable les français associent-ils des vins sucrés avec du gras ?!...  La réponse est historique, et non gastronomique : jusqu'au début du XXème siècle, semble-t-il, le foie gras était consommé comme "entremet" après le plat principal, avant le fromage ou le dessert. Du coup, dans l'ordre de service des vins, il était pour le coup logique d'y associer un vin sucré.

Mais, à présent, avec le foie gras servi généralement en entrée, il est bien dommage de l'arroser d'un vin liquoreux, qui ne fera que vous empâtez la bouche et vous ramollir les papilles !

AVEC LE FOIE GRAS, OSEZ LES ACCORDS AUDACIEUX !!!


Un cidre gastronomique, par exemple, de la maison normande Dupont, affiné 6 mois en fût de calvados !
 

 
Envie de bulles ? Je vous recommande vivement un vieux champagne blanc de blancs aux arômes de fruits secs et de truffe...
 

 
Et pourquoi pas un vin blanc sec, mais avec du gras, comme ce Jurançon sec "La Canopée 2010" du Domaine Cauhapé (100% petit manseng récolté en surmaturité en novembre, titrant 14,5% vol.).

Ou un vin jurassien du Château d'Arlay (plus ancien château viticole français) mêlant chardonnay et savagnin. Vous aimez les vins oxydatifs ? Faîtes-vous plaisir avec un savagnin sous voile, ou même un vin jaune !
 
Ou encore un Alsace Grand Cru Osterberg 2010 du Domaine Mittnacht Frères magnifiant les notes épicées du Gewurztraminer, mais sans la lourdeur d'une vendange tardive. 

En redescendant la Loire, arrêtez-vous du côté de Vouvray, avec ces Grives Saoûles 2009, vin 1/2 sec 100% chenin, produit par le tandem Perrault-Jadaud. 

En vacances sur l'île d'Oléron ? N'oubliez pas de ramener un vieux Pineau du Domaine Favre & Fils !
 

 
Vous préférez la Méditerrannée, allez donc du côté de Maury au Mas Karolina !
 

 
En fait, non, gardez plutôt cette belle bouteille pour le dessert (ou le digestif) car tous les convives furent d'accord : définitivement, un vin trop sucré s'associe mal avec le foie gras.

Vous l'aurez donc compris : un joli cidre, des vins blancs secs avec du gras et de la profondeur avec quelques années de cave, des vieux vins effervescent, des vins 1/2 secs, des vins mutés pas trop sucrés sont autant de jolis accords avec le foie gras !

Et pour les adeptes des vins rouges, préférez des vins rouges puissants mais avec quelques années de vieillissement, afin que les tanins soient parfaitement fondus, et que le vin commence à présenter des notes "tertiaires" (sous-bois, champignons...). Evitez donc un vin rouge trop léger ou trop tannique !

Et si vous tenez absolument à boire un vin liquoreux type Sauternes ou Monbazillac, je vous conseille de déguster votre foie gras en fin de repas, et d'y associer un vieux vin, qui développera des arômes tertiaires (et dont le sucre sera réellement "intégré"). Et quitte à rester sur un vin moelleux, je vous invite également à privilégier des vins à base de cépages qui ont davantage d'acidité que le sémillon (cépage principal des Sauternes et Monbazillac), comme le chenin (Coteau-du-Layon, Vouvray, Montlouis...) ou le petit manseng (Jurançon, Pacherenc du Vic Bihl, Côtes de Gascogne...).

Alors, à vos terrines, à vos tire-bouchons, dégustez !
 
 


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Eric Leblanc - 18:40 - rubrique Vendredis du Vin - Version imprimable - Permalien - 2 commentaires - Lu 396 fois

Vins, Bières, Rebelles et Les Vins du Coin

LES DEUX SALONS à ne pas rater en décembre !

Les fêtes de fin d'année approchent, et avec elles, les promesses de bonne tablée et de plaisirs hédonistes catégorie poids lourd.

C'est aussi du coup l'avénement des derniers salons des vins, l'occasion rêvée pour faire quelques emplettes pour vos repas de fêtes (vos autres achats, soyez sympas, faîtes-les chez votre caviste et pas dans les pousse-caddies !...).

Pour ceux qui résident dans mes terres d'adoption (le Nord de la France) ou dans mes terres d'origine (le Val de Loire), je vous invite à ne surtout pas rater deux excellents salons à venir !!! Avec dégustations, bien sûr, mais aussi conférences, concerts, rencontres...
 

Le salon "Vins, Bières, Rebelles", organisé par le trio Nicoletta Dicova, Jean Hummler et Patrick Böttcher,  se déroulera le dimanche 7 et le lundi 8 décembre sur le site de Tour & Taxis de l'Hôtel de la Poste. Il réunira 81 vignerons (principalement italiens), 13 brasseurs "rebelles" ainsi que d'autres acteurs du secteur.

"Nous voulons que ce salon soit un lieu de rencontre, de partage et de découverte entre deux mondes amis et interconnectés : celui du vin naturel et de la bière rebelle. Ce qui réunit ces deux mondes, c'est la philosophie des personnes qui se battent pour leur idéal derrière les bouteilles, qu'elles fassent du vin ou de la bière".

Retrouvez toutes les informations sur www.vinibirreribelli.net

 

 
L'association Les Vins du Coin fête ses 10 ans ! Elle rassemble 25 vignerons entre Loir et Cher engagés dans un même élan : celui de produire des vins honnêtes et... buvables. Des vins qui ressemblent à l'endroit d'où ils viennent.

Dans ce groupe, il y a des fils de paysans, des ex-citadins, des installés depuis 25 ans et d’autres depuis avant-hier, des vignobles de 3 à 20 hectares. Certains ont la fibre jardinière, d’autres sont plus vinificateurs. Mais tous ont conscience que la terre ne nous appartient pas et qu’il faut la respecter pour pérenniser leur métier. Tous sont prêts à prendre des risques pour produire de beaux raisins et les accompagner en cave pour qu’ils soient le reflet d’un endroit et d’une année. Ce sont ces valeurs et ce savoir-faire qu’ils ont envie de vous faire découvrir les samedi 6 et dimanche 7 décembre 2014 à Fossé (à 12 minutes de Blois). Pour cette édition anniversaire, chaque vigneron de l’association invite un autre producteur de cette « pure joie liquide » de la Loire viticole, de l’Auvergne au Muscadet. Leurs vins répondent aux mêmes critères : raisins issus de l’agriculture biologique, vendanges manuelles, pas de chaptalisation ni d’acidification, 40 à 50 mg de SO2 total maximum.

Retrouvez ICI le communiqué de presse de l'événement.

Site de l'association : www.lesvinsducoin.com

Le week-end prochain, vous ne pourrez pas dire que vous ne savez pas quoi faire (NB aux parisiens : vous êtes au milieu, faîtes votre choix) !

 



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Eric Leblanc - 17:10 - rubrique Actualités - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires - Lu 177 fois

Lundi 10 Novembre 2014

Salon des Vignerons Indépendants LILLE 2014

Les bonnes adresses du P'tit Blanc sans Col !

 
 
Le Salon des Vins des Vignerons Indépendants de Lille aura lieu du 14 au 17 novembre 2014 au Grand Palais (Hall Paris/Bruxelles).

Pour bien préparer votre visite, Le P'tit Blanc sans Col vous livre ses bonnes adresses. J'ai sélectionné pour vous quelques domaines par grandes régions viticoles (comme répertoriées sur leur site Internet), que je vous conseille chaudement de découvrir. Il va sans dire que cette liste ne prétend en rien à l'exhaustivité (je ne connais qu'une petite partie des vignerons présents), sans même parler de son caractèrement totalement subjectif (puisqu'il s'agit évidemment de mes goûts).

Alsace - Est :
Domaine Mittnacht Frères (AB) - B10
Alsace, Alsace Grand Cru, Crémant d'Alsace

Bordelais - Aquitaine : 
Vignobles Rousseau (Terra Vitis) - F24
Bordeaux Supérieur, Lussac Saint-Emilion, Lalande de Pomerol

Bourgogne - Beaujolais :
Domaine Bertrand Machard de Gramont - D32
Nuits-Saint-Georges, Vosne-Romanée, Bourgogne

Domaine Sorin-Coquard - D17
Bourgogne Côtes d'Auxerre, Aligoté, Saint-Bris

Cognac - Charentes :
Cognac Paul Giraud - C44

Savoie - Jura :
Domaine Jacques Tissot - D34
Arbois, Arbois-Pupillin et Côtes du Jura

Domaine de la Pinte (AB) - D28
Arbois, Arbois-Pupillin, Crémant du Jura, Macvin

Languedoc-Roussillon : 
Domaine des Homs (AB) - E32
Minervois

Mas de Daumas Gassac - H13
Vin de Pays de l'Hérault

Mas Amiel - C55
Maury, Côtes du Roussillon 

Domaine Gardiès (AB) - F51
Côtes du Roussillon, Rivesaltes, Muscat de Rivesaltes

Domaine Cazes (AB) - D48
Rivesaltes, Muscat de Rivesaltes, Côtes du Roussillon 

Provence - Corse :
Château Henri Bonnaud (AB) - H25
Palette

Domaine Leccia (AB) - C46
Corse et Patrimonio

Château Pradeaux - B31
Bandol

Domaines Bunan (AB) - D10
Bandol et Côtes de Provence

Sud-Ouest - Armagnac :

Domaine l'Ancienne Cure (AB) - E28
Bergerac, Monbazillac, Pécharmant

Mas del Périé (AB) - D47
Cahors

Clos Triguedina - J47
Cahors

Château d'Aydie - E7
Madiran et Pacherenc du Vic Bilh

Domaine Cauhapé - G10
Jurançon

Val de Loire - Vendée :
La Tour Saint Martin / Le Claux Delorme - G40
Menetou-Salon, Valençay, Touraine

Clos des Quarterons - Amirault
(AB) - H18
Saint-Nicolas de Bourgueil, Crémant de Loire

Château de l'Aulée - A24
Crémant de Loire, Touraine-Azay-le-Rideau, Chinon

Domaine de la Châtaigneraie - A51
Vouvray

Domaine Mesliand (AB) - A2
Touraine-Amboise

Domaine Jean-François Mérieau - J20
Touraine

Domaine des Huards (AB) - F63
Cheverny et Cour-Cheverny

Domaine de l'Epinay (AB) - H49
Muscadet, IGP Val de Loire

Domaine Bonnet-Huteau (AB) - H24
Muscadet

Domaine Landron (AB) - D3
Muscadet

Domaine Bruno Cormerais
- E16
Muscadet

Domaine Cady (AB) - E57
Coteaux du Layon, Anjou, Rosé de Loire, Cabernet d'Anjou

Château du Breuil 
- A36
Coteaux du Layon, Anjou, Savennières

Château de Tracy - F7
Pouilly-Fumé

Vallée du Rhône :
Domaine des Favards - E31
Côtes-du-Rhône

Domaine Usseglio Raymond & Fils - B19
Châteauneuf-du-Pape

Retrouvez également certains de ces vignerons dans l'article consacré à l'édition 2013.

Je vous souhaite une excellent salon, puisse-t-il être riche en belles rencontres et en délicieuses découvertes ! N'hésitez pas à me faire part de vos impressions dans les commentaires (et partager également vos bonnes adresses) !

 


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Eric Leblanc - 19:15 - rubrique Chroniques bachiques - Version imprimable - Permalien - 3 commentaires - Lu 695 fois

Jeudi 06 Novembre 2014

Tirer le groslot #1 : Un p'tit goût de revins-y !

Dans la famille des cépages trop longtemps méprisés et aujourd'hui en cours de réhabilitation, le blogueur soucieux de contribuer (à sa modeste mesure) à la dite réhabilitation n'a malheureusement ou heureusement (question de point de vue) que l'embarras du choix, tant nombre de cépages ont été abandonnés ou oubliés avant d'être repris (ou pas) en considération.

Tandis que Michel Smith (blog Pour le Vin) défend depuis fort longtemps le carignan jusqu'au point de présider l'association Carignan Renaissance, le toulousain David Farge (blog d'Abistodenas) se pose en cinsault(veur) de cet autre cépage languedocien si longtemps décrié.

Eux sont sudistes, moi ligérien. Chacun ses tares.

J'ai donc décidé de consacrer une série au mal-aimé Groslot (plus souvent orthographié grolleau).

En France, la culture de ce cépage noir est en régression : 2 201 hectares en 2004 contre 11 400 en 1958. Elle est surtout concentrée dans la Vallée de la Loire, et plus spécifiquement en Anjou et en Touraine. On trouve aussi un peu de grolleau gris en Anjou, Vendée et Loire-Atlantique. Le grolleau blanc, quant à lui, a été signalé dans l'aire d'appellation des Coteaux-du-Layon (source Wikipédia).

Originaire de Touraine, c'est un cépage productif (jusqu'à 120 hl/ha si l'on veut bosser comme un cochon), qui donne des vins légers et peu alcoolisés. On lui attribue une bonne dizaine de synonymes comme pineau de Saumur, gamay de Châtillon (à Savennières), etc.

Son nom viendrait du vieux français grolle qui signifie la corneille aussi noire que ce raisin.  Il fait partie de l’encépagement des appellations Touraine, Rosé de Loire, Crémant de Loire, Anjou et Saumur mousseux et Rosé d’Anjou. 

Il est le plus souvent vinifié en rosé. Comme par exemple dans l'appellation Touraine-Azay-le-Rideau, où il représente au minimum 60% de l'assemblage. Je vous parlerai prochainement en détail de cette AOC qui produit uniquement des vins rosés ainsi que des blancs (à base de chenin).

Malgré donc cette forte régression des surfaces plantées, au profit du cabernet franc et du gamay, cépages considérés "plus nobles", plusieurs études récentes ont "démontré que le grolleau avait un fort potentiel de développement, tant pour des vins rosés fruités et légers que pour des rosés plus complexes et concentrés, et également pour des rouges en assemblage avec le cabernet franc. Les atouts du grolleau noir sont un faible degré alcoolique naturel à maturité et une palette aromatique florale et fruitée, caractéristiques recherchées dans la conjoncture actuelle".

S'il se voit donc réhabilité en rosé ou en assemblage en rouge, un vin rouge 100% grolleau ne bénéficie aujourd'hui d'aucune appellation. D'où la mention "Vin de France" de cette bien-nommée cuvée "Revins-y" de Pascal et Christine Pibaleau.


Rendons à César ce qui appartient à César, l'appellation Touraine-Azay-le-Rideau doit beaucoup à ce talentueux couple de vignerons, qui a largement contribué à la tirer vers le haut.

Le domaine a vu le jour en 1886. Il est resté depuis une entreprise familiale où les générations se succèdent, se consacrant uniquement à la vigne et au vin. La propriété représente aujourd'hui 12 hectares de vignes conduites selon une culture biologique et biodynamique.

 
Ce vin de soif par excellence, idéal pour saucissoner entre copains,
confirme le désormais célèbre dicton de mon cru :

"si le grelot fait gling-gling, le groslot fait glougou" !
 
 


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Eric Leblanc - 18:56 - rubrique Chroniques bachiques - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires - Lu 257 fois

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