S'identifier - Contact

Le p'tit blanc sans col
Free your mind and your (gl)ass will follow...

Vendredi 29 Août 2014

Vendredi du Vin #68 : Vin de Jeune

De la nécessaire éducation du goût des jeunes...

Ce mois-ci, Nathalie Merceron du blog Saveur Passion nous invite à plancher sur le thème "Vin de Jeune" :

"Pour ces VdV #68, j'enfourche donc un cheval de bataille qui m'est cher, juste avant la rentrée scolaire-universitaire : quelle intitiation au vin ? Quel vin faire déguster, dans quelle circonstances, quelle appellation "facile" ou chouchou, quel type de vin, quelle couleur, chez quel vigneron, et comment... ? Quel vin pour un jeune ? Ou quel "vin de jeune" ?..."

L'occasion pour moi de partager avec vous une chouette expérience menée en 2013 avec un club d'oenologie étudiant. Son président, client de la cave dans laquelle je travaillais, m'avait proposé d'animer des "conférences oenologiques" à la faculté. Enthousiaste, j'avais évidemment répondu par l'affirmative, tant il me paraît indispensable d'éduquer au goût et au "bien boire" (de façon hédoniste et raisonnable, à l'inverse du "binge drinking") les adultes en devenir que sont les étudiants.

J'ai eu le plaisir d'animer 3 soirées, dont les 2 premières dans un amphithéâtre devant 60 à 80 personnes (je vous prie de croire que c'est pas la même dynamique qu'organiser une dégustation pour 12 personnes, la première fois, ça fait drôle...). La 3ème s'était déroulé dans un bar/resto, en présence d'un vigneron invité, dont je vous parlerai ensuite.

Deux constats me sautèrent aux yeux, le premier préoccupant, le second source d'espoir :

1) une très grande majorité n'avait AUCUNE culture du vin, n'en avait bu que rarement en famille et n'était jamais allé chez un caviste. Ils n'en buvaient que très rarement (encore plus rarement du bon) et étaient souvent un peu complexés et perdus vis-à-vis des multiples appellations, cépages, etc., sans parler des nombreuses idées reçues (qui ne sont pas l'apanage des jeunes dégustateurs, d'ailleurs !...).

2) pour peu de s'y prendre intelligemment et de rendre les choses ludiques, les étudiants manifestaient un très grand intérêt, beaucoup de curiosité et une large ouverture d'esprit.

Disons-le tout net, la consommation de vin en France baisse inexorablement depuis les années 60. Or, que se passera-t-il dans 20 ans, si nous autres, professionnels du vin (caviste, sommelier, etc.), nous ne faisons rien aujourd'hui pour sensibiliser les jeunes ?... Dans ce cas-là, je vous prédis une disparition progressive du métier de caviste, une bonne vieille crise agricole et une filière tirée avant tout par l'export (si l'on ne se fait pas trop bouffer d'ici là nos parts de marché par les autres pays producteurs)...

D'où la nécessaire sensibilisation aux plaisirs du vin des jeunes adultes !

Mais reprenons.

Lors de la première séance, j'avais commencé, de mémoire, par une initiation à la dégustation avec une bulle, un blanc sec, un rosé, un jeune rouge léger, un vieux rouge structuré et un blanc moelleux. Evidemment dans une gamme de prix raisonnables pour la bourse d'un étudiant moyen (pour bien leur prouver qu'ils pouvaient trouver chez un caviste de très bons vins sans forcément mettre des fortunes...).

Puis, une deuxième séance consacré à la Champagne, pour tenter de leur montrer que 1) le champagne est un vin 2) il en existe une très grande diversité.

La dernière soirée fût l'occasion d'une rencontre avec Louis-Marie TEISSERENC du Domaine de l'Arjolle (IGP Côtes de Thongues, dans l'Hérault). Car, dans cette transmission de la passion et des savoirs, rien de mieux qu'une rencontre avec un vigneron !


Ce fût une soirée mémorable, à tout égard. Une affluence record, une grande curiosité de la part des étudiants, une super ambiance, des accords mets & vins superbes !
 


La Méridienne, assemblage improbable de sauvigon, viognier et muscat petits grains...

Le truc bien avec les vins de l'Arjolle, c'est qu'ils sont ludiques et souvent iconoclastes (rosé vieilli en fût, moelleux à base de muscat petits grains, vin de voile à base de chardonnay, assemblages improbables, seul domaine français à produire un 100% zinfandel...).
 


Z de l'Arjolle, 100% zinfandel...

Et comme Louis-Marie est une homme charmant et très pédagogue, le courant passa d'entrée de jeu avec l'auditoire.


La Lyre, vendange tardive de muscat petits grains...





Non, l'éducation populaire n'est pas morte...

 
 Crédits photos : Cénacle
 
 


Mots-clés : , ,

Eric Leblanc - 00:01 - rubrique Vendredis du Vin - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires - Lu 28 fois

Mercredi 20 Août 2014

Chenonceaux , son château... et ses vins !

Chenonceaux...

Vous connaissez, sans nul doute, cette charmante commune de l'est de l'Indre-et-Loire pour son fameux château qui enjambe majestueusement le Cher...

Mais connaissez-vous les vins qui sont produits sur les coteaux environnants ?
 

"Je ne sais quoi d'une suavité singulière et d'une aristocratique sérénité transpire au Château de Chenonceau" écrivait Gustave Flaubert en 1881.

Tout juste 130 années plus tard, en 2011 donc, cette formule pourrait être reprise pour caractériser les vins de l'AOC Touraine-Chenonceaux nouvellement créée, fruit d'un long travail de sélection des meilleurs terroirs entre les vignerons et l'INAO.

Dans la grande famille de l’AOC Touraine, c'est la petite dernière ! Cette nouvelle appellation couvre 27 communes situées de part et d’autres du Cher, et produit des vins blancs et rouges sur des sols concentrés sur les hauts des pentes et composés de calcaires, d’argiles à silex (aussi appelé "perruches" localement) ou de pierres siliceuses.

Les cépages sauvignon blanc et gris sont utilisés pour les blancs. Côté rouge, le cépage côt est dominant puisqu'il rentre à 50% minimum dans l'assemblage (associé au cabernet franc). Les rendements maximum pour les blancs sont de 60 hl/ha et de 55 hl/ha pour les rouges. Les blancs doivent être élevés sur lies fines au minimum jusqu’au 30 avril suivant la récolte et les rouges jusqu’au 31 août.

En 2011, 17 hectares de blanc et 19 hectares de rouges furent revendiqués par les 18 vignerons engagés dans la démarche (aujourd'hui au nombre de 29).

L’AOC Touraine compte donc désormais six dénominations géographiques, chacune étant bien spécifique : Touraine-Amboise, Touraine-Azay-le-Rideau, Touraine-Mesland, Touraine-Noble-Joué, Touraine-Chenonceaux et Touraine-Oisly.

Les rouges, de bonne garde, dévoilent de subtils arômes de fruits noirs et accompagneront volontiers les viandes rouges, les gibiers et des viandes délicates comme le veau.

Quant au blanc, ils révèlent des arômes de fruits mûrs surtout marqués par les agrumes, la poire, l'abricot voire par les fruits exotiques. Amples et gras en bouche, ils s'épanouiront harmonieusement sur plusieurs années. Tel est le cas de ce Touraine-Chenonceaux blanc produit par le Domaine de la Renaudie.



A déguster sur un tartare de saumon, des sushis, des poissons de rivière (sandre, truite...), des fromages de chèvre du Val de Loire, des viandes blanches, des tajines, de la cuisine indienne...
 
Le Domaine de la Renaudie, c'est avant tout la rencontre de deux passionnés : elle oenologue et lui vigneron. Ce domaine familial se situe sur la rive gauche du Cher sur une quarantaine d'hectares plantés sur des sols pauvres et peu profonds, conduits selon le cahier des charges Terra Vitis.

Parmi les fers de lance de cette nouvelle appellation, c'est un domaine qui propose une large gamme de vins à d'excellents rapports qualité-prix, que je vous recommande vivement.




Pour en savoir plus sur l'AOC Touraine-Chenonceaux,
rendez-vous sur le site du syndicat.

 


Mots-clés : , ,

Eric Leblanc - 09:59 - rubrique Chroniques bachiques - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires - Lu 110 fois

Lundi 28 Juillet 2014

La Syrah dans tous ses états

Un Tour du Monde en 8 flacons...


Pendant longtemps, de nombreuses légendes ont circulées au sujet d'hypothétiques origines orientales de la Syrah... Les romains auraient rapporté ce cépage de Syracuse... Pline l'ancien cite une vitis syriaca, à propos d'une vigne de Syrie... Les croisés l'auraient rapportée de la ville iranienne de Chiraz (ou Shiraz) au XIeme ou XIIeme siècle...

Bien que les australiens la nomme effectivement Shiraz, la Syrah est d'origine purement rhodanienne, comme cela a été démontré par des analyses ADN en 1998. Elle appartient en effet à la famille ampelographique des serines, qui regroupe également la mondeuse (noire et blanche), le viognier, la marsanne et la roussanne. Probablement née en Isère,  c'est la fille de la mondeuse blanche et du dureza (vieux cépage noir ardechois). Son nom viendrait de "ser", qui signifie "colline" dans le sud de la France.

Si la Syrah est reine dans les côtes-du-rhône septentrionales (Cornas, Côte-Rôtie, Saint-Joseph, Crozes-Hermitage et Hermitage), on la trouve généralement assemblée avec d'autres cépages noires dans le Rhône Méridional, en Provence, en Corse, dans le Languedoc-Roussillon et dans le Sud-Ouest (Gaillac, Fronton).

De plus en plus plantée,  on en trouve aujourd'hui dans plus de 20 pays : Italie, Australie, Afrique du Sud, Argentine, Mexique, USA, Suisse, Nouvelle Zélande, Maroc, Tunisie, Grèce, Liban... (Plus d'infos sur wwww.syrah-du-monde.com)

Présentant des jus d'une couleur profonde et dotés d'une bonne structure tannique, ses arômes vont des fruits rouges et noirs (framboise, groseille, myrtille, cassis) aux senteurs florales (violette) et épicées (poivre), en passant par la réglisse,  le menthol, le musc, la truffe, le moka et le cuir (en vieillissant).

Bonne nouvelle, la Syrah est riche en resveratrol, molécule aux vertus cardio-protectrices, anti-oxydantes et anti-cancérigènes !
 

On débute cette dégustation avec une Syrah toute en fraîcheur du Domaine Gayda,  en Pays d'Oc. Ce domaine, situé à Brugairolles, au pied des contreforts des Pyrénées, est certifié en agriculture biologique depuis 2011 (et applique les mêmes exigences aux vignerons partenaires pour sa partie négoce). Il a entrepris de nombreuses actions matière de biodiversité : plantation de 300 oliviers, engrais verts et plantes mellifères autour des vignes, projet de reconstituer des haies pour les oiseaux...
 
Vignoble : Brugairolles (grès calcaires à 200 mètres d'altitude), La Liviniere (calcaires à 250 mètres d'altitude).

Vinification : 30% fût (1, 2 et 3 vins) pendant 6 mois / 70% cuves pendant 9 mois

Dégustation : Nez de fruits noirs et rouges (cerise bigarreau). Vin gourmand sous tendu par une acidité franche. Parfait sur une grillade ou pour saucissonner. Excellent rapport qualité prix (6 euros).
 

Cap à présent dans la Vallée de Colchagua au Chili au Domaine Viu Manent. Au départ négociant, la famille Viu fît l'acquisition en 1966 du Domaine San Carlos de Cunaco (dont les vignes remontaient aux XIXème).

Cette cuvée est issu de vignes de 11 ans d'âge d'El Olivar Alto, un vignoble de coteaux alluvionaires très pauvres. Elle est composée de 85% de syrah + 15% de cépages tenus "secrets" (d'où son nom).

Fermentation naturelle en cuve inox, puis élevage 80% en fûts (95% français / 5% américain) et 20% en cuve.

Dégustation : nez de musc, animal, notes de cuir, de cacao, de cassis et de réglisse à l'aération. Bouche très épicée, tanins soyeux. Un vin gourmand et très équilibré malgré ses 14,5% vol.
 

Aux USA, les premières traces de syrah datent de 1878. L'accroissement des surfaces plantées avec ce cépage aura surtout lieu durant les 70's, du fait notamment des "Rhône Rangers", une bande de vignerons américains fan des crus du Rhône nord. Ainsi, les surfaces furent multipliées par dix entre 1996 et 2004.

Parmi eux figurent Nicolaus et Gaby Hahn, qui achetèrent 2 ranchs dans la région de Monterey (Californie du Centre), pendant les années 60 pour les transformer en domaine viticole. Les premiers vins furent produits en 1980.

Assemblage : 77% syrah, 13% merlot, 10% cabernet sauvignon. Elevage en cuve et en fût de chêne français neuf (28%).

Dégustation : nez mentholé et fumé, notes de musc. Bouche gourmande, très épicée et cacaotée, finale un peu courte. Un vin à boire dans sa jeunesse à l'apéro ou sur un dessert au chocolat noir.
 

Première belle émotion de la soirée avec The Laughing Magpie 2008 du Domaine d'Arenberg, créé en 1912 dans la région viticole renommée de McLaren Vale (35 kms d'Adelaïde), aujourd'hui dirigé par Chester d'Arenberg Osborn.

A l'image d'une Côte-Rôtie, elle est composée de 94% de syrah et 6% de viognier. Particularité, la fermentation alcoolique se déroule dans des "fermenteurs" ouverts de 5 tonnes (tous les raisins sont mélangés). Elevage sur lies en fûts de chêne français et américains (neufs et de plusieurs vins) pendant 10 mois. Ni collage, ni filtration à la mise en bouteille.

Dégustation : robe noire profonde. Nez de moka et de cuir fumé. Bouche poivrée, belle mâche, tanins fondus. Très belle bouteille qui en a encore sous le pied, à marier avec une viande rouge.
 

Alain Graillot est un célèbre vigneron installé à Crozes-Hermitage depuis 1985. Il y a quelques années, il créa le Domaine des Ouleb Thaleb, dans la région de Meknès, en "tandem" avec Jacques Poulain, oenologue bordelais installé au Maroc. Cuvée 100% syrah.

Dégustation : robe déjà évoluée, aux reflets orangés. Nez de pruneaux, légèrement poivré. Bouche marquée par la fraîcheur, l'orange amère, le poivre. Superbe "toucher de boucher", tout en finesse. Finale longue.
 

Retour en France avec une autre "figure" du rhône septentrional, j'ai nommé Laurent Combier. Le domaine fût créé en 1936 par le grand-père et comptait à l'époque 3 ha de vignes et 4 ha d'abricotiers. Laurent reprend le domaine et quitte la Cave de Tain en 1989. Domaine converti à l'agriculture biologique depuis 40 ans.

Dégustation : l'archétype du crozes, dans le bon sens du terme. Nez de violette, de réglisse et de cassis. Arômes que l'on retrouve en bouche. Un classique de l'appellation.
 

On monte en gamme avec cette super Côte-Rôtie "Champin le Seigneur" 2007 de Jean-Michel Gérin, composée à 90% de syrah et 10% de viognier.

Issu de vignes d'âges différents (1/4 de plus de 50 ans, 1/2 de plus de 10 ans, 1/4 de moins de 10 ans) plantées en coteaux sur des micaschistes. Elevage de 18 mois en fûts, dont 50% de bois neuf.

Dégustation : nez complexe de camphre, de thym, de moka, de cuir, de musc, notes mentholées. Bouche marquée par le moka, la garrigue, la cerise et les épices en finale.

WAHOU.
 

Finale en apothéose avec un must du Languedoc, la cuvée "Syrah Léone" 2002 de Marlène Soria.

Fondatrice du Domaine Peyre Rose (60 ha d'un seul tenant, dont 25% de vignes cultivées en agriculture biologîque) au début des années 80, Marlène Soria, parfois surnommée "la Diva de la Syrah" est devenue l'une des icônes du Languedoc (à raison, même si l'on peut regretter l'envolée des prix...). Pour la petite histoire, cette cuvée porte le nom de l'ancienne propriétaire des vignes. Le jeu de mot était tout trouvé.

Les vignes (90% syrah / 10% mourvèdre) s'épanouissent sur un terroir calcaire, recouvert d'argiles rouges (+ chaud que le Clos des Cistes), à 200m d'altitude sur le plateau des Grès de Montpellier.

Elevés 1/4 en foudres pendant 2 ans, le reste en cuve béton, les vins ne sont commercialisés qu'après quelques années de garde.

Dégustation : lorsque l'on se frotte aux mythes, on a toujours peur d'être déçu, mais là... Finesse, élégance, soyeux, longueur... tels sont les mots qui caractérisent pour moi ce vin. Tout est là, le silence se fait. Les yeux brillants, on sourit tous.

Encore un beau voyage qui s'achève !...
 


Mots-clés : , , , , , , , ,

Eric Leblanc - 17:02 - rubrique Chroniques bachiques - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires - Lu 303 fois

Dimanche 27 Avril 2014

Vendredi du Vin #65 : on va tout péter !

Bulles

Ce mois-ci, Sandrine Goeyvaerts de la PinardotheK l'a décrété : il faut que ça pète !

Elle veut qu'on lui parle de bulles, la Présidente ! Qu'on sorte des sentiers battus champenois. Elle veut de l'exotisme, du surprenant, de l'inattendu, la Nombrilo-Féministe-Pinardière liégeoise !

SHEBAM !... POW !... BLOP !... WIZZ !...


 
Je vous présente les BULLES de Jean-Gilles Chasselay. Quoi, des bulles dans le Beaujolais ???... Et ouais !

BULLES, comme indiqué sur l'étiquette, c'est un "vin mousseux aromatique de qualité". Pour les avertis, c'est donc un pétillant naturel rosé 100% gamay. Pour les non-avertis, cela signifie que, contrairement à une méthode dite "champenoise" ou "traditionnelle", il n'y a pas eu d'ajout de sucres et de levures pour assurer la prise de mousse. La fermentation alcoolique s'est tranquillement terminée en bouteille, laissant au final quelques sucres résiduels.

En résulte une bombe de glou, une explosion de fruits rouges, une gourmandise diabolique !!!

BULLES, c'est le meilleur copain du goûter de l'apéro et, une fois n'est pas coutume, du dessert. Car disons-le tout net, les bulles sur des desserts, ça a beau être culturel, c'est rarement gastronomique (en particulier sur le chocolat, avec lequel on associera plutôt quelques jolis vins doux naturels).
 
Mais là, sur une tarte aux fraises, c'est démoniaque !

  
BULLES
, au risque de m'attirer les foudres de notre présidente, j'ose le dire haut et fort, c'est une arme de séduction massive, un véritable piège à gourmande.

Morale de l'histoire, au dessert, mieux vaut un godet de Chasselay qu'un panier de Yoplait !



 


Mots-clés : ,

Eric Leblanc - 12:22 - rubrique Vendredis du Vin - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires - Lu 706 fois

Dimanche 30 Mars 2014

Vendredi du vin #64 : Et le vin devint divin... ou devil !!

Retour vers le futur...

Ce mois-ci, le Doc Adn nous invite à monter à bord de sa Delorean, histoire d'aller voir ce que sera le vin de demain !
 
 
Tel un Marty MacFly, chaussé de mes Nike et de mon skate-board, me voila parti dans un billet de pure anticipation !

Dans 25 ans, à quoi ressemblera le monde du vin en France ? Vaste sujet, s'il en est... En tant qu'amateur de vins et également professionnel du secteur, je me pose en effet beaucoup de questions...

Du "vin boisson" au "vin culturel" ?


C'est un fait, en France, la consommation régulière de vin a chuté de façon importante depuis les années 60. Il est aujourd'hui consommé de façon plus ponctuelle, associé à des événements de la vie, qu'il s'agisse d'un apéritif entre potes, d'un dîner en amoureux ou d'un événement famillial... On boit moins mais mieux, pourrait-on dire. D'une "simple" boisson alcoolisée (même s'il a toujours eu une place à part du fait de notre héritage judéo-chrétien), il acquiert de nos jours, ou regagne, c'est selon, une forte dimension culturelle.

Ce thème soulève beaucoup de questions :
  • à la fois au niveau de l'offre : 
- quels seront les types de vins produits dans le futur ?
- avec quels impacts sur l'environnement (généralisation des pratiques biologiques ? nouvelles avancées scientifiques quant au traitement des maladies ? introduction d'OGM ?...) ?
- assistera-t-on à une disparition du segment de marché des "petits vins" (- de 4 €) et à un renforcement d'une image élitiste du vin ? Quid du développement des BIB ?
- assistera-t-on à une concentration des moyens de production et du foncier entre quelques grands groupes ? Ou, au contraire, à un retour à des productions plus artisanales ?
- quelle évolution des AOC ? des IGP ? des Vins de France ?
- le marché français restera-t-il aussi fermé aux vins étrangers ?
- quid de la consommation du vin en restaurant ? en bar à vins ?
- la grande distribution aura-t-elle la peau des cavistes indépendants ?
- quid de la vente du vins sur Internet ?
  • qu'au niveau de la demande : 
- les moins de 30 ans boiront-ils encore du vin ? la consommation globale va-t-elle continuer à baisser ?
- quels types de vins seront prisés ?
- le vin sera-t-il considéré comme un produit de luxe destiné à une élite ou réussira-t-on le pari d'une véritable démocratisation ?
- à l'instar de ce que l'on observe aujourd'hui pour les eaux-de-vie françaises (cognac, armagnac, calvados...), nos vins seront-ils destinés principalement aux marchés export et boudés par nos compatriotes ?

Les hygiénistes de l'ANPAA auront-ils notre peau ?... Ou verra-t-on au contraire un assouplissement de la loi Evin et la possibilité d'une communication positive du vin (dans ses dimensions culturelles, gastronomiques, patrimoniales...) dans les différents médias, notamment à la télévision ?...

Et le vin devint divin...

Retour à la terre. Généralisation de pratiques viticoles respectueuses de l'environnement. Production de vrais vins de terroir, qui ressemblent au lieu qui les a vu naître et au vigneron qui les a façonnés. Dédiabolisation du vin et consécration de son caractère Ô combien culturel. Recherche accrue du consommateur vers davantage de proximité et d'authenticité. On boit bon, on boit sain. Le caviste est roi. Le prix des grands vins s'effondre, je remplie ma cave de DRC. En finale d'un célèbre concours de cuisine télévisé, on assiste à une épreuve d'accord mets & vins. On est heureux avec un verre de blanc sous la tonnelle.

...ou devil !!

Disparition des cavistes au profit de la GD. Amazon bouffe le reste du gâteau. Les français ne boivent plus de vin, c'est devenu has-been. Les vins sont considérés comme des produits de luxe. Tout part à l'export, à part les daubes standardisées pétées de souffre. A 25 ans, 9 français sur 10 n'ont jamais goûté de vins. Les surfaces viticoles sont divisées par dix. Le nouveau président est un hygiéniste convaincu. Projet de loi instituant la prohibition. C'est la chasse aux sorcières, à côté le McCarthysme, c'était disneyland. Je deviens chef d'un réseau clandestin.

The power of love...

"Love, baby, love... That's the secret". Ces mots sont de Louis Armstrong, concluant l'intro de son dernier enregistrement de What a wondeful world.

L'amour du vin, des valeurs qu'il véhicule, l'amour de la terre par ceux qui le font, l'amour des autres pour mieux le transmettre. Amateurs comme professionnels, soyons des ambassadeurs ! Dé-mo-cra-ti-sons ! Des parents à leurs enfants. Du caviste à ses clients. Du journaliste et du blogueur à ses lecteurs. C'est cela qui fera que les générations futures boiront encore de jolis flacons : la passion, l'enthousiasme, la simplicité, l'ouverture...

A bas l'élitisme, soyons "élitaires" : du bon, pour tous !
 



 

Eric Leblanc - 15:24 - rubrique Vendredis du Vin - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires - Lu 718 fois

Samedi 01 Mars 2014

Vendredis du Vin #63 : éloge de la patience

Sugar Baby Love

Qui a dit qu'il n'y avait pas de hasard ?

C'est faux.

Laissez-moi vous dire que des hasards, il y en a au-moins deux. Des Thierry. Comme les deux versants de la Côte-Rôtie, bien que les deux soient bruns. Si l'un fait danser les filles sur de la musique pop, sous les éclairs des stromboscopes, l'autre préfère jouer de la pipette et du sécateur.  

Il en est des vignerons comme des autres êtres humains. Certains veulent tout contrôler. D'autres acceptent de laisser faire. Préfèrant accompagner plutôt que contraindre. Rien à voir avec un "lâcher prise" tout anarchique. Point d'éloge de la paresse, mais plutôt une bonne dose de confiance dans ses raisins, et beaucoup de patience !

Et parfois, on a envie de tenter des trucs, d'expérimenter...

Thierry Hasard, et sa femme Françoise, sont vignerons au Domaine de la Marfée en AOC Languedoc-Grès de Montpellier depuis 1997. 

En 2004, à la fin des vendanges, Françoise et Thierry passèrent une dernière fois dans toutes leurs parcelles pour ramasser les dernières grappes restantes "passerillées" (raisins déshydratés et flétris, gorgés de sucre). Sans distinction de cépages (mourvedre,  syrah, roussanne, carignan... si vous leur demandez, ils ne savent même plus), ceux-ci furent pressés tous ensemble puis entonnés en barrique.  
 
 
Pendant 7 ans, sans aucun ajout de produits oenologiques ou de souffre (uniquement à la mise), les levures naturelles ont tranquillement dégradé les sucres... C'est ainsi qu'est né Sugar Baby Love, vin rouge iconoclaste titrant 15°, sorte d'amarone à la Languedocienne.

Disons-le tout net, je me suis pris une énorme baffe !

Nez envoûtant de  pruneaux, de cerise à l'eau de vie, de cacao, de reglisse. On s'attend à de la confiture en bouche. Pas du tout ! C'est fin, c'est frais, c'est soyeux... Gourmand sans être lourd. Equilibre parfait entre une trame acide et une sucrosité que l'on ressent à peine. La finale est interminable... Bref, une bombe atomique gustative.

Wahou.


 
Comble du bonheur, j'ai eu la chance de déguster ce divin breuvage sur un délicieux dessert au chocolat préparé par Henri Berthaud (cuisinier, pâtissier et chocolatier de formation), chef de l'excellent restaurant nantais Le Canclaux
 
Tandis qu'Henri s'active aux fourneaux, Jean est en salle et s'occupe également de la sélection des vins. Si, en l'occurrence,  nous avions apporté cette bouteille, je tiens à souligner la qualité de leur gamme : environ 150 référence dont Baudry, Meo-camuzet, Darnaud, Pico, Michon, Le Soula, Pierre André... Une nouvelle adresse sur Nantes à decouvrir impérativement (7 place Canclaux / 09 52 76 27 62 / www.lecanclaux.com) !
 


 


Mots-clés : , , , ,

Eric Leblanc - 15:01 - rubrique Vendredis du Vin - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires - Lu 773 fois

Plus d'articles :